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Publié par Audrey et Emma

Page du journal intime de Louise Labé

rédigée le jour de l'écriture de son sonnet 15

Journal de Louise Labé - 15 février 1555

Heure : 7h.

Aujourd'hui je me réveille de très bonne humeur car le soleil s'est levé en même temps que moi, c'est un fait très rare en hiver ! Cela me donne envie d'écrire un autre poème ! Cette journée me renvoie à un beau jour printanier de 1554 lorsque j'étais de voyage en Italie dans la belle région qu'est la Toscane. Je me suis sentie là-bas grâce au soleil d'une part mais aussi car, j'ai pu, ce matin, voir la nature se réveiller petit à petit, d'abord l'eau, puis la terre, accompagnées du chant des oiseaux, ce fut tellement apaisant... En même temps, je me suis également sentie là où j'étais, à Lyon, le 15 février 1555, car l'air était rafraîchi par une légère brise.

 

Heure : 10h

Je fais ma toilette, m'habille et me pomponne, une fois prête je me pare de mes plus beaux bijoux et je me vais promener dans mon jardin, j'y vois maintes et maintes fleurs d'une palette de couleurs riche et variée. Les arbres chantent ce que les hirondelles leur chuchotent. Comme si ce rythme accompagnait la marche des passants.

 

Heure : 20h

Je retrouve mon mari, Ennemond pour un moment intime, nous nous retrouvons dans le jardin fleuri. Au clair de lune, l'herbe me caresse le dos et les jambes. Pendant cette étreinte charnelle, le vent nous enveloppe doucement. A cet instant je me sens comme dans le tableau de Albrecht Dürer, Adam et Eve.


Le manque de Olivier de Magny se fait de plus en plus fort...

 

Heure : 02h

Me voilà en pleine nuit, réveillée par l'inspiration, j'en profite pour écrire quelques lignes de mon prochain sonnet, Ce n'est qu'une ébauche pour le moment, je prévois de le publier dans un autre sonnet, sûrement le sonnet 19 de mon recueil. Dans celui-ci je parlerais de mon moment passé tantôt avec Ennemond. J'y raconterai nos ébats au jardin et comment la déesse Diane s'est glissée dans ma peau. Cela ressemblerait un peu à ça "Prenait le frais, de Nymphes couronnée. J'allais rêvant, comme fais mainte fois", je ne sais pas encore quoi écrire de plus, l'inspiration me viendra sûrement dans un jour ou deux. Je retourne dans mon lit et cherche le sommeil patiemment en imaginant le jour d'après. Je pense à quels habits, quels bijoux et quel fard je pourrais appliquer pour présenter mon salon de littérature.

 

Voilà le sonnet 15 fini, j'ai développé une nouvelle méthode d'écriture ou le principe est d'écrire en simultané avec le déroulement de ma journée. Sans aucune vanité, je suis particulièrement fière de mon deuxième quatrain car j'adore le chant des oiseaux, et le bruit des arbres. Mon jardin fleuri fuse de mille couleurs chatoyantes. Je pense avoir réussi à transmettre mes émotions bousculantes, ressenties au fil de ma promenade.

 

Le sonnet 15 de Louise Labé (édition Jean de Tournes 1555)

Le sonnet 15 de Louise Labé (édition Jean de Tournes 1555)

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