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Publié par Fiona

 L E   P O E M E   E S T    O U V E R T

 

 

Mes poèmes sont des boîtes à outils, des tournevis à dévisser la raison, des marteaux lancés dans les miroirs de la répétition – mes poèmes sont les clés de mes sept vies dérobées à l'impatience, les poignée tournées de portes donnant sur le vertige, mes fenêtres musiciennes sous les vents de subversion – mes poèmes sont des moteurs à explosion silencieuses, je ne sais où ils me transportent jusqu'au moment où passant la cinquième strophe dans le sens du proche, ils ouvrent des pays en devers, couleur de songe humain – mes poèmes sont, sont des instants de doute et de savoir à l'insu de tout savoir, car de naissance mes poèmes sont ignorants, oeuvrant à la présence d'une absence, ils en savent ni ce qu'ils sont ni où ils vont, ils respirent – c'est pourquoi tout leur leur est souffle, ils goûtent, regardent, écoutent, touchent, se font un corps du dehors pour l'impossible contact total d'un instant – puis ils se perdent, s'endorment pour se garder de croire que finir ait une fin, traversent des déserts, connaissent les lits à sec, vont à bout de course et d'impasse – parfois ils ne sont qu'os et soif mais de minuscules intensités les ravivent, à l'extrémité des mondes très proches, comme dans ces rues de rien où l'on débusque les chances graciles – mes poèmes écartent sans les briser les moindres brins de sens, se coulent où le vent évoque d'inexplicables mirages fluides, ils marchent mot à mot jusqu'au bord des mondes ignorés et n'en reviennent pas, reviennent aux latitudes de la justesse et n'en reviennent pas - ce sont des ponts troublés au-dessus de l'évidence, des rideaux déchirés pour voir le jour monter au pas des louves qui s'effacent – car mes poèmes déclarent le jour, le déclarent comme les éclairs ébruitent la nuit tout autour, ils portent l'obscurité à hauteur de paupières, portent l'inouï sans le forcer à se dire, portent l'inconnu comme une bague sertie d'une goutte d'univers - [...] - j'écris et je deviens, et depuis quelques milliers de jours mes poèmes m'ont ouvert d'un guillemet afin qu'en moi ne prenne pas fin le désir, l'absolu désir d'être un autre.

Renaud Ego, LA REALITE N'A RIEN A VOIR

J'ai choisi ce poème parce que je trouve qu'il illustre bien toute la poèsie de Renaud Ego et donc par là, la poésie contemporaine, prouvant que la prose va bien au teint de la poèsie. Et puis j'aime beaucoup comment la poèsie est définie, les poèmes sont personnifiés en petits êtres frêles qui naissent et grandissent au fil des mots...

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Logan 08/12/2008 18:58

*o* c est beau

Claire 07/12/2008 16:10

Oui oui oui un très beau poème (: J'ai adoré cette partie du recueil, où tous les poèmes étaient écris avec des " tirets ".

Lucie 29/11/2008 13:49

Très bon choix, ce poème est vraiment très beau. *_*)

MLB 28/11/2008 19:26

Très beau choix, justifié avec sensibilité.