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Publié par Matthieu

Je me souviens de Nihad/Abou Tarek

 

Je me souviens de Nihad/Abou Tarek

 

Je me souviens de l’immense joie mais aussi de la peur que j’ai ressentie quand j’ai su que j'attendais un enfant de toi. (Parole de Nawal)

 

Je me souviens du soulagement que j’ai éprouvé quand enfin j’ai su que tu allais comparaitre en justice et payer pour tes atroces crimes, toi  Abou Tarek, mon bourreau. (Parole de Nawal)

 

Je me souviens de l’horreur qui s’est emparée de moi quand, au procès, tu as mis ton petit nez rouge. C’est là que j’ai compris qu’Abou Tarek mon bourreau n’était autre que mon fils Nihad que l’on m’a enlevé dès la naissance. (Parole de Nawal)

 

Je me souviens quand ma mère me disait que mon père était un héros de guerre qui avait donné sa vie pour la patrie alors qu’en fait il n’en est rien. Tu n’étais qu’un tueur, un assassin sans aucune pitié. (Parole de Simon)

 

Je me souviens quand la conjecture mathématique du chiffre un a pris tout son sens pour moi. Un père et un frère aurait dû faire deux, mais ils ne sont qu’un. Qu’une seule et même personne. (Parole de Jeanne)

 

Je me souviens quand j’étais Nihad, un enfant innocent,  abandonné par sa mère, placé en orphelinat, balloté d’un camp à l‘autre. Dans cette vie, j’avais encore l’espoir de retrouver ma mère. (Parole de Nihad)

 

Je me souviens quand j’ai commencé à tuer. Je n’éprouvais rien, ni pitié, ni remords. J’avais grandi au milieu des champs de bataille et de la haine.  (Parole de Nihad)

 

Je me souviens quand j’ai été pris par la milice. Je pensais qu’ils allaient me tuer mais  finalement ils ont vu en moi un potentiel, j’allais devenir Abou Tarek. (Parole de Nihad)

 

Je me souviens quand je suis arrivé à la prison de kfar Rayat. C’était un travail plutôt agréable pour moi, sans risque, pas trop fatiguant. Mon travail consistait à interroger en violant et torturant des femmes prisonnières. Toutes des putes. Je ne ressentais rien. Aucune pitié et je prenais même du plaisir à ce que je faisais. (Parole d’Abou Tarek)

 

Je me souviens d'avoir été étonné quand la femme qui chante, la pute 72  m’a écrit  que les enfants qu’elle avait eus de moi étaient vivants et je n’ai juste pas compris pourquoi ils n’étaient pas morts noyés comme tous les autres.  (Parole d’Abou Tarek)

 

Je me souviens d'avoir été bouleversé quand j’ai lu la lettre au fils, la deuxième lettre de la femme qui chante, celle pour son fils.  Et ce fils c’est moi, son violeur, son bourreau et le père et frère de ses deux autres enfants. (Parole du fils)

 

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