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Publié par Anaëlle

Fable - Le loup et la fleur


Un loup qui se baladait dans une forêt, un jour de printemps, faillit écraser une fleur qui dormait là. Celle-ci était bien offensée, son pétale venait de lui être retiré, jamais de toute sorte on ne l'avait ainsi traitée.


"S'il vous plaît, monsieur le loup, je suis là, regardez donc plus bas, ma petitesse n'excuse en aucun cas, votre inattention vis-à-vis de moi" dit la fleur en suppliant le ciel de lui faire oublier son infortune.

 

Le loup, bien futé, trouva là un amusement qui pourrait bien l'occuper. "Oh, madame la fleur, je suis navré des importunes créées, et croyez-moi bien que je fasse tout pour vous faire retrouver votre précédente beauté, une fleur comme vous ne peut pas rester ainsi dénudée. Voyez-vous la sève du saule se trouvant à dix pas ? Je vais vous en ramener, nous allons réparer tout cela." 

 

La fleur, tout de suite rassurée, se dit qu'elle pouvait sur le loup compter. Alors lorsque le roi de la forêt, le regard malicieux, revint réparer la guenille, il colla notre belle amie jusqu'aux fins fonds de ses pieds. Notre avide coquin s'esclaffait et se gondolait du spectacle qu'il eut créé. Constatant la cupidité et l'orgueil du canidé, les arbres, plus que meurtris par la tragédie que le loup vînt de causer, rassemblèrent toute la sève se dissimulant sous leurs écorces pour en recouvrir notre grand filou.

 


Le pétale de notre amie ne fût jamais réparé. Mais tous les jours, et ce depuis une éternité, le loup, par le poids de la sève, enfoncé chaque année davantage sous nos pieds, regrette son vain geste qui n'a fait que peiner. De son orgueil il fut puni, et ce pour l'infini. Le loup a compris, un peu trop tard peut-être, qu'il ne faut jouer au plus fort de la forêt, puisque plus fort que nous, toujours il y a, en particulier mère nature qui un jour, tout nous reprendra. De la cupidité du loup naquit le désespoir de deux êtres, de celui d'une fleur ayant perdu son éclat, et du sien lui-même. "Tous les méchants animaux finissent au même endroit" disait la comptine, mais de cet endroit naquit le plus beau des mondes, les animaux, repentis de leur passé ne voulaient plus que changer, alors que les vivants, se heurtant et s'effleurant sans avoir compris la leçon continuaient à vivre et à faire de la vie des uns le martyr des autres.

 

 

 

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Lara 30/03/2017 21:02

J'adore !

Lilou 30/03/2017 11:15

Bravo Anaëlle, c'est original et très bien écrit !

Lou 29/03/2017 14:15

C'est super!!

Anaëlle 29/03/2017 16:44

Merci Lou!!!