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Publié par Valentin - Julie

Article I-Voix

Mission chercheur d’art au Palazzo Pitti

 

 

Ulysse sur l'île des Feaci

http://www.photo.rmn.fr/LowRes2/TR1/XNS4GY/08-503016.jpg

source

 

 

I – Informer


Nom du tableau :« Ulisse all isola dei Feaci »

Date : 1635

Peintre :Rubens Pietro Paolo

Nature :peinture à l’huile sur bois

Dimensions : 758 x 468

Genre :mythologique

Sujet :L’arrivée d’Ulysse sur l’Ile Feaci

 

Le peintre : (infos biographiques)

Rubens Pietro Paolo (1577 – 1640)

 

 

II – Analyser


1. En bas à droite :

  • Une grotte

  • 3 jeunes filles qui ont l’air apeurées

  • une vieille femme se cachant derrière une autre femme plus jeune, vêtue de rouge

2. En bas au centre :

  • Un homme nu se cachant dans les buissons

  • 2 ânes attachés à un tronc d’arbre

3. En bas à gauche :

  • 2 femmes, une charrette

4. (Au fond), à gauche et au centre du tableau :

  • la mer, un port, une ville, des bateaux

5. Au centre :

  • une colline, des arbres

6. A droite :

  • une autre cité avec une muraille

  • un jardin dans la cité

  • la montagne

  • une villa

  • une cascade

7. En haut à gauche

  • des Dieux (dans les nuages) : Athéna implore Zeus

 

Les couleurs :

Noir, vert, bleu, blanc

  • Tableau comme « coupé en deux » par une diagonale : la partie en haut à gauche est plus claire que la partie en bas à droite. La diagonale est formée par le flanc de la montagne.

  • On a une impression de profondeur. Plus on regarde vers le « fond » du tableau = le bout du chemin, plus les détails sont petits.

 

Question : En quoi ce tableau semble-t-il caractéristique de la Renaissance dans son contenu et/ou dans sa forme ?


Ce tableau est caractéristique de la Renaissance par de nombreux critères.


Premièrement, il représente une scène mythologique et nous savons que les peintres de la Renaissance s’inspiraient beaucoup de l’Antiquité. (Ulysse est un héros de l’Odyssée d’Homère. Il s’est battu à la guerre de Troie, et son histoire raconte son long voyage semé d’obstacles, où il tente de rentrer chez lui. La présence des dieux dans les nuages, sans doute Jupiter et Athéna, prouve encore une fois l’influence de l’Antiquité.)


Ensuite, la peinture de la Renaissance est très différente de la peinture du Moyen-âge, car c’est à cette époque que les peintres respectent les proportions des personnages, du paysage, du décor… A la Renaissance, on découvre la technique du point de fuite, la perspective, qui permet au spectateur de trouver sa place face au tableau…


Puis, le nu, les paysages riches et variés et le jeu de clair-obscur caractérisent la peinture de la Renaissance. Nous pouvons voir dans ce tableau de Rubens la présence d’un homme nu se cachant dans les buissons, et les jeunes filles qui semblent apeurées, (signe de pudeur et de vertu ?)


Enfin, le clair-obscur est une des principales nouveautés de la peinture de la Renaissance. Ici, l’artiste joue avec la lumière du Soleil déclinant derrière la montagne, le ciel encore clair, et les falaises plongées dans l’ombre.

 

III – Créer


En entrant dans la salle du tableau, on peut entendre une sorte de murmure, on peut tout d'abord penser au bruit du vent remuant les feuilles des arbres, secouant un arbre, faisant danser l'herbe. Mais, plus l'on se rapproche plus le murmure devient... Inquiétant, déroutant... Car c'est lorsqu'on est devant que l'on se rend compte que ce n'est ni le vent, ni un courant d'air dû à une porte qui se ferme... Ce murmure, c'est bel et bien du tableau qu'il provient. On entend le sac et le ressac de la mer, la plainte du vent (non de l'extérieur mais de l'intérieur), le braiment des ânes sonnant comme un avertissement, les pleurs des femmes mettant les corps sur une charrette grinçante... Et enfin, lorsqu'on est suffisamment près, ce sont les voix qu'on entend...

 

Il y a tout d'abord la douce voix d'Athéna implorant son père Zeus d'aller secourir Ulysse en danger car lorsqu'il repartira, il devra affronter la colère du terrible Poséidon, cette voix, si chargée d'inquiétude, de désespoir, de détresse qu'elle ne peut que créer un sentiment d'urgence, de panique en vous, rien qu'au son de sa voix, l'envie d'aller implorer le seigneur des cieux avec elle vous prend, ces mots s'accrochent en vous et ne vous quittent pas, les larmes et les sanglots semblent sur le point d'arriver lorsque l'on entend, LA voix, sa voix...

 

Un grondement de tonnerre n'est pas aussi puissant, un éclair zébrant le ciel ne vous fait pas cet effet, tremblante de puissance et de force tranquille, Zeus prend la parole. Des mots qui, prononcés par une autre personne semblent inoffensifs, regorgent ici de puissance, chacun d'eux sonnent comme une sentence irréversible. Chacun des mots du roi des dieux vous envoie un sentiment paradoxal, d'un côté ils envoient un sentiment rassurant, un sentiment paternel qui vous donne envie de retourner en enfance, de l'autre côté, un sentiment de panique et de peur qui vous donne envie de partir le plus vite possible... Pourtant, la seule chose que l'on est capable de faire c'est de rester et de l'écouter, on est comme tétanisé. Rien qu'en entendant sa voix, on sent toute la puissance que Zeus dégage et on imagine sans difficulté la colère dont il peut faire preuve...

 

Sous le grondement de la voix du maître des cieux et la caresse de celle de la grande stratège Athéna et si l'on arrive à s'en détacher, on peut entendre des petites voix qui, si l'on ne prête pas l'oreille, ressemblent à la bise parcourant les terres enneigées. Ces voix ne sont autres que celle du brillant Ulysse ainsi que celle de la fille du roi Alcinoüs, Nausicaa venue à la rencontre des naufragés. La voix d'Ulysse, à l'égal de celle de sa protectrice mais ce bien moindre mesure, se fait suppliante, implorante, blasée. En effet, victime, une fois de plus d'un naufrage, le héros semble désespéré. La jeune princesse dont la voix est une douce mélodie, semble touchée par le récit du naufragé et c'est ainsi que la pitié, qui n'est en rien dédaigneuse, s'installe en elle.

 

En plus de ces deux voix, on perçoit celle des servantes de Nausicaa, le son de leurs voix semblent se rapprocher plus du piaillement que d'autres choses. Le son frénétique semble nous dire que, fidèle à leur réputation, elles soient déjà en train de jaser. Mais ce n'est pas la seule chose que l'on peut entendre, la crainte et l'effarement sont largement présente, à tel point que l'on peut se demander comment font elles pour ne pas prendre leurs jambes à leur cou ? On peut supposer que c'est à cause du courage de leur maîtresse qui, sans aucune crainte, parle avec ce qui est encore, un mystérieux naufragé.


On peut se demander où Ulysse a pu aller chercher les mots qui ont su toucher et convaincre Nausicaa de l'accueillir, des mots d'une telle force qu'ils créaient chez nous aussi un sentiment d'urgence qui nous pousse à vouloir aider le pauvre héros. C'est peut être Athéna qui, pendant qu'elle suppliait son père de sauver Ulysse lui a envoyé les mots, des mots capables de toucher le cœur le plus dur. Et si l'on pense à ceci, la déesse de la guerre était elle vraiment en train d'implorer son père sachant que c'était peine perdue ou bien n'était ce qu'un moyen d'aider Ulysse à l'insu du maître des cieux ? Autant de questions qui resteront sans réponse... 


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