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Publié par Carla

Publicité - Exposition coloniale au Zoo de Vincennes

Cannibale est l'une des œuvres de Didier Daninckx, un écrivain français, auteur de romans policiers, de nouvelles et d'essais. L'exposition coloniale est le sujet principal de son œuvre publiée en 1998. L'histoire se passe à Paris en 1931, au zoo de Vincennes. Le personnage principale est Gocéné, issu d'une tribue de Nouvelle-Calédonie appelée « Kanak ». Tout au long du roman nous allons le suivre dans de ses aventures.

 

Un jour, des soldats français débarquent en Nouvelle-Calédonie et rassemblent une centaine de Kanaks. L'adjoint du gouverneur, Joseph Guyon, leur annonce qu'ils vont être envoyés en France, à l'exposition coloniale du zoo de Vincennes. Il dit : « ce voyage est la chance de votre vie », « Auprès de vos frères en voie de civilisation d'Afrique, d'Asie, d'Amérique, vous représenterez la culture ancestrale de l'Océanie ». Il ajoute « vous montrerez par vos chants, vos danses, que coloniser […] c'est gagner à la douceur humaine les cœurs farouches de la savane, de la forêt ou du désert... ».

 

Dessin Humoristique, "Voyagez en Nouvelle-Calédonie à travers des danses et des traditions au Zoo de Vincennes"

Dessin Humoristique, "Voyagez en Nouvelle-Calédonie à travers des danses et des traditions au Zoo de Vincennes"

L'image représentée est une publicité humoristique de l'exposition coloniale du zoo de Vincennes. Elle représente la vision de l'exposition vue par Joseph Guyon. Une vison qui ne prend pas en compte les violences et les inégalités subies par la population Kanak.

 

En effet, les Kanaks vont vite se rendre compte que « la chance de leur vie » promise par Joseph Guyon est en fait le cauchemar de leur vie. Une fois arrivés au zoo, les Kanaks n'ont pas eu le droit au repos. Au cours des jours suivants, des hommes sont venus les dresser tels des animaux sauvages. Ils étaient forcés de faire toutes sortes d'activités pour divertir les visiteurs ; comme faire du feu dans des huttes trempées par l'eau qui ne cessait de tomber, creuser d'énormes troncs d'arbres pour construire des pirogues, les femmes devaient danser le pilou-pilou à des heures fixes. Le reste du temps les Kanaks devaient, malgré le froid, se baigner et nager en poussant des cris de bêtes. Certains visiteurs leur jetaient du pain, des bananes, des cacahuètes et parfois même des cailloux. A certains moments, dix d'entre eux étaient obligés, à tour de rôle, de grimper à des mâts, de courir, de ramper, de lancer des sagaies, des flèches et des javelots. Toutes les cinq minutes, l'un des leurs devait s'approcher pour pousser un grand cri, en montrant les dents, pour impressionner les visiteurs.

 

La publicité est humoristique car on peut voir le Kanak sourire. Si on se fie à l'image, on a l'impression qu'il est heureux d'être ici et de partager sa culture avec les visiteurs, alors qu'il ne l'est pas. Les soldats l'ont kidnappé de son village et séparé de sa famille et de ses amis. L'avis du Kanak n'est en aucun cas pris en compte, il doit faire ce qu'on lui dit sans contester, sous peine de prendre des coups. Il représente à lui seul toute la population Kanak. La pancarte : « Hommes Anthropophages de Nouvelle-Calédonie » est une pancarte mensongère,  il n'y pas seulement des Hommes de Nouvelle-Calédonie, mais aussi des Hommes d'Afrique, d'Asie et d'Amérique. Le mot Anthropophage est ici humoristique, c'est une façon soutenue de désigner les hommes cannibales.

Source : Livre Cannibale

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