Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Publié par Mathilde

Fact checking - Les explorateurs : des affabulateurs ?

Dans son livre, J.C Carrière nous rapporte un débat entre Sepulveda et Las Casas. Il soutient que les Indiens sont des êtres humains comme les Européens. Sepulveda au contraire affirme que les Indiens sont nés pour être esclaves. Mais il y a de nombreuses affirmations données par les deux protagonistes qui ne sont en réalité pas fondées mais sont dites seulement pour appuyer leur thèse. Il est bien souvent dur de déterminer si les affirmations données sont fausses ou réelles.  

 

LAS CASAS VS SEPULVEDA

Alors les explorateurs 

sont ils des affabulateurs ? 

 

 

Tout d’abord, dans les premiers instants avant le débat dans le chapitre 2, Carrière nous  explique lui-même que le dialogue sera basé sur de grandes questions. Avec les explorateurs comme Cortès, qui participe à la découverte des indiens. Alors les guerres sont-elles  justifiées  ou encore  les actions des explorateurs ont-elles été légitimes au Mexique ? 

 

Questions auxquelles vont répondre les protagonistes de manière affirmative, pour montrer leurs assurance et défendre à tout prix leurs idées.

 

Comme avec le passage du chapitre 6 page 88, où le supérieur prend la parole pour dire que les indiens “ meurent victimes de libertinage et de leur pratiques sodomites”. Las Casas entame alors un long monologue pour montrer son mécontentement en vers les propos du supérieur. Alors vrai ou faux ?

 

Les propos du supérieur sont faux ! et oui !

 

Les indiens Aztèques ne pratiquaient pas le libertinage sous peine d’être exécutés, d’après des documents historiques retrouvé à Mexico en 2006.

 

Un peu plus loin, dans le chapitre 7 page 97, un autre fait est cité cette fois par Sepulveda, qui lui affirme et tient cet argument avec obstination: les amérindiens auraient une profonde admiration pour les européens.

 

En réalité, au fil du temps les amérindiens  ont développé une profonde aversion envers les européens. De là, le fait que de nombreuses révoltes  finissent par éclater entre eux.

 

Représentation d'une bataille entre Indiens et occidentaux

A la même page, Sepulveda prend comme argument le fait que les amérindiens pratiquent le “ sacrifice  humain”. 

 

Et bien pas vraiment !

 

Dans les faits historiques, des sacrifices avaient bien  lieu mais pas par barbarie.

 

Pour eux, c’était un acte bénéfique pour sustenter leurs dieux mais aussi un élément nécessaire à l’équilibre du cosmos.

 

C’est donc surtout lié à leur religion, aux mythes de la création du monde. 
 

Cérémonie de sacrifice

Ensuite page 98, il  continue à appuyer ses propos sur le cannibalisme pour montrer qu’ils sont un  peuple sanglant et sauvage.

 

Effectivement ! Mais ... il fallait qu’ils en veuillent vraiment à leurs invités avant qu’ils s’en servent de repas ! Les aztèques pratiquaient le cannibalisme : c’est exact. Bien souvent les victimes de sacrifices étaient des prisonniers de guerre, ou bien des personnes de leur population qui étaient consentantes pour êtres sacrifiées pour les dieux. 

 

Représentation d'une scène d'un repas rituel

Dans la page 103, Sepulveda accumule des propos pour réduire les indiens à l’état de sauvage : “ Ils ignorent l’usage du métal, des armes à feu et de la roue”.

 

Bien évidemment des hommes de cette nature n’avaient pas l’usage d’armes à feu, de même pour l’usage du métal.

 

Ce sont les occidentaux qui vont leur faire découvrir ces objets, ils n’en connaissaient pas l’existence. Ils étaient bien plus habiles de leur poignard et de leur lance en cas de guerres ou de sacrifices.

 

En revanche ils connaissaient bel et bien l’usage de la roue. Ils s’en servaient comme objet de torture...

 

Dessin de plantation de cacao

Dans la même phrase, Sepulveda dit : "leur nourriture est détestable, semblable à celle des animaux." Il appuie sur le fait que les amérindiens n’aient pas une nourriture très recherchée. 

 

Leur nourriture est plutôt végétarienne, on ne va pas les blâmer pour cela : ils avaient très peu de moyens.  Ils se nourrissaient principalement à base de maïs, de piments et de haricots et de riz mais aussi de cacao. De temps en temps ils pêchaient, faisant le tour des lacs ils ramené des poissons et des  crustacés.  Mais la pêche restait rare, sauf à Mexico ou l'utilisation des fleuves étaient essentiel à leur mode de vie. Ils vivaient principalement de leurs cultures. 

 

Il fait aussi référence à la manière dont ils se peignent le corps : “ ils se peignent grossièrement le corps.”

 

Dans la réalité, ils se maquillaient le corps et le visage : cela faisait partie de leur accoutrement. Ils faisaient cela lors de cérémonies pour évoquer les dieux ou lors de batailles. Ça n’avait rien de spécial et d’affligeant, sauf bien sûr pour l'étranger, cela pouvait effectivement surprendre mais c’était encré dans leur mœurs.

 

Enfin, à la suite à la même ligne, il en profite pour rajouter qu’ils “ adorent des idoles affreuses”.

 

Dans ce passage, les idoles affreuses sont en fait les dieux Aztèques,  notamment la statue serpent et à plume évoquée dans le livre plus loin. Elle est nommée “ Quetzalcoal” et c’est l’une des principales divinités des amérindiens. Sous forme de statue, elle représente cet animal, mais c’est normalement l’incarnation un croisement d’un homme et d’un serpent. Il jouait un rôle important dans la vie religieuse. Il symbolise pour eux la fertilité, parce qu’il est lié a la nature. Il évoque la durabilité du soleil et la force de la pluie.

 

Art pré-colombien : représentation du Dieu Azthèque Quetzacoatl

Certains faits cités par les hommes du débat de La Controverse de Valladolid peuvent s’avérer véridiques, mais pas dans leur totalité. Parfois leur vérité est enjolivée ou enlaidie !

 

Méfions-nous du discours que peuvent avoir ces explorateurs, nous ne sommes pas si près de la vérité !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article