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Publié par Clara

Reportage à l'Institut - Que pensez-vous du sauvage ?

 

  C’est l’événement à Paris : un enfant sauvage réside à l’institut des sourds muets ! Le docteur Sicard de l’institut nous a longuement prouvé son efficacité par le passé, il a contribué à l’avancée de la science. Rappelons-nous que son ancien élève sourd est désormais un gentilhomme distingué qui côtoie les plus grands intellectuels. Il en a fait un prodige, un homme qui amuse par ses bons mots.

 

Mais qu’en est-il du jeune sauvage ? Et bien il est abandonné, ce cher docteur Sicard n’a pas été capable de changer cet animal en humain civilisé ! ou est-il ce soi-disant miracle de Paris ? Il est bel et bien envolé !

 

Nous avons alors décidé de mener notre enquête à l'institut des sourds muets pour en savoir d’avantage...

 

Tout d'abord nous avons interrogé le principal concerné, le docteur qui a pris la relève et qui tente de civiliser l'animal, j'ai nommé Monsieur Itard ! Par la suite notre équipe a décidé d'orienter ses questions vers une personne que nous connaissons tous très bien, Monsieur Sicard.

 

* Entretien avec le docteur Itard dans les jardins de l'institut :

 

J - Enchanté Docteur. Alors dites nous, pourquoi avez-vous voulu relever ce défi ? Étiez vous certain que vous pourriez changer cet enfant sauvage en homme civilisé ? Vouliez- vous prouver au monde votre génie ?

 

I - Écoutez, Madame la journaliste, je vais vous répondre dans l'ordre des questions posées. Ne m'assommez pas de questions je vous prie. Tout d'abord lorsque j'ai aperçu l'enfant j'ai voulu prendre la fuite, il m'apparaissait comme un abruti. Puis par la suite je suis monté dans l'arbre ou il s'était réfugié et j'ai vu dans son regard toute la souffrance qu'il gardait en lui, le poids de son abandon, cela m'a ému, je vous l'avoue. J'ai eu comme une révélation. L'enfant n'était pas bête, il n'était tout simplement pas instruit, je savais que j'y arriverai. (rire du docteur) En ce qui concerne la dernière question, vous n'avez pas tout à fait faux sur ce point. Il est vrai que je souhaiterai que mes écrits scientifiques soit publiés mais avant tout j'entreprends cette expérience par passion pour mon métier et par soif de connaissances. Si un jour, on ne sait jamais, je suis publié j'espère que vous en parlerez dans votre journal !

 

J- (rires) Nous verrons … Cela dépendra de la qualité de votre rapport et de la réussite de votre expérience, Monsieur Itard.

 

I- Je réussirai vous pouvez en être certain !

 

J- C'est ce que l'on verra. Une dernière question, vous êtes-vous attachez à Victor au fil des années ?

 

I- (il réfléchit) D'un certaine manière, oui. Il y a quelque chose d'attachant dans le fait d'apprendre la vie telle quelle est dans cette société à un être qui ignore tout. J'essaie cependant de ne pas être trop proche de lui pour ne pas interférer son apprentissage. Et je ne m'inquiète pas, Mme Guérin est présente pour lui, elle symbolise sa présence maternelle.

 

J-Je vous remercie Monsieur Itard. 

 

Reportage à l'Institut - Que pensez-vous du sauvage ?

* Entretien avec Monsieur Sicard dans son bureau :

 

 

J- Enchanté, Docteur Sicard. Comme vous le savez, tout Paris s'est intéressé à cette histoire incroyable, Paris a également été surpris de vous voir abandonner le projet. Comment expliquez-vous cela ?

 

S- La réponse est toute simple, ce sauvage est un abruti, il est dénué de la moindre humanité. Je ne comprends vraiment pas pourquoi l'Etat s'obstine à financer ce projet. Celui-ci n'amènera à rien et fera perdre le temps et l'argent destinés aux enfants plus prometteurs. Je vous assure, je n'aurais pas abandonné s'il y avait quelque chose à tirer de cette chose. Il est né idiot voilà tout.

 

J- Vous ne tenez pas le même discours que Monsieur Itard. Comment expliquez- vous que le docteur est persuadé de pouvoir rendre Victor civilisé ?

 

S- (il s'assoit) Le pouvoir de la jeunesse sans doute. Ce jeune médecin est fraîchement diplômé, il a soif de reconnaissance, il a de l'espoir. Mais je l'ai déjà mis en garde à de maintes reprises. Avec ce cas-ci il ne saura qu’entacher sa réputation avec la mienne et celle de l'institut.

 

J- Je vous remercie docteur.

 

A la fin des ces deux entretiens, nous ne pouvions pas repartir sans avoir vu l'enfant sauvage. Bien évidemment, notre article s'en serait retrouvé incomplet. Mon équipe a alors demandé au Professeur Itard si nous pouvions prendre le sauvage en photo. Il a refusé. Cela ne nous a pas empêché de faire un tour dans les jardins et de retrouver l'enfant accroupi au bord d'un point d'eau, le regard perdu. Quel mal y avait t-il à prendre une photo ?

 

(Malheureusement nous n'avons pas été autorisés à publier la photographie).

 

Nous arrivons à la fin de ce reportage, j'espère que vous en aurai appris un peu plus sur le sauvage de l'Aveyron. Et surtout méfiez-vous. Les portes de l'institut ne sont pas bien gardées, si il vous arrivait un jour de croiser son chemin, ne vous approchez pas de trop près par curiosité. Il est agressif. Je sais de quoi je parle, j'en ai fais les frais. Résultat : Une morsure bien marquée sur mon avant bras droit...

 

 

 

  

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Commenter cet article

Mona 25/10/2017 21:12

Ton article est très bien construit Clara ! Il est vivant grâce aux didascalies amusantes, et il respecte bien les traits de caractère des personnages dépeints dans le livre !

Clara 26/10/2017 01:28

Merci infiniment Mona. Mais alors, vais-je publier les travaux d Itard dans mon journal ? hmm...