Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Publié par Kathleen

Presse - Le duc assassiné
 
         La nouvelle vient d'arriver aux oreilles du peuple : Alexandre de Médicis, le fils illégitime de Laurent II de Médicis, aurait été retrouvé mort le 6 janvier 1537 dans la chambre de son cousin Lorenzino de Médicis. Âgé alors de 27 ans, Alexandre de Médicis aura mené son règne en tant que duc de Florence de 1532 à sa mort et une vie de débauche et de plaisirs. Premier duc héréditaire de la ville, Mécidis n'était pas apprécié de tous et beaucoup contestait son autorité presque totale sur Florence, poussant même certains à quitter la ville. Il a en effet commencer à rénover les institutions républicaines alors que le traité de reddition de la ville lui imposait de les respecter, mais il s'est aussi conféré un rôle de prince sur la ville, s'est alors entouré d'une armée qui effraie et déconcerte tous les Florentins et a réquisitionné toutes les armes du peuple. Il a également fermé les institutions communales, symboles pourtant chers à ses concitoyens. Alexandre de Médicis est également réputé pour cumuler les maîtresses et pour prendre le droit de vie et de mort sur les Florentins : il peut en effet assassiné qui il veut. L'arroseur aurait-il été finalement à son tour arrosé ? Nous avons interviewé plusieurs personnes pour avoir l'avis de connaisseurs mais aussi de la population florentine : 
 
    Giomo, vous êtes l'écuyer du duc et faites donc partie de son entourage, avez-vous une hypothèse sur la mort d'Alexandre de Médicis ? 
 
GIOMO LE HONGROIS : Je ne devrais certainement pas le dire ... Mais oui, effectivement, je suppose, et ce ne sont là que des suppositions bien que suffisamment d'éléments permettent de justifier ma théorie, que Lorenzo de Médicis, son cousin, est derrière tout ça. Il est mon seul suspect, je dois bien l'admettre. La malin aurait en effet crié à de nombreux seigneurs tels que le républicains François Pazzi Alamanno Salviati, et le provéditeur de la forteresse Roberto Corsini, qu'Alexandre allait trouver la Mort par son épée cette nuit. Je ne peux que confirmer ces dire, ayant été témoin d'une scène fort troublante durant laquelle je soupçonnais Lorenzo d'avoir jeté la précieuse et imperçable cotte de maille du duc dans le puits alors qu'il était à demi-nu. Son cousin lui rendait en effet visite pendant qu'on lui faisait son portrait. Tout l'accuse ! Le lieu même où le corps a été trouvé ne laisse planer aucun doute. 
 
Comment pensez-vous que le peuple réagira à la nouvelle du meurtre d'Alexandre de Médicis ?
 
GIOMO LE HONGROIS : Eh bien pour tout vous dire ... Je redoute fort celle-ci. Le peuple, réuni autour d'une même information parfois déformée ou mal comprise, peut se soulever très rapidement et être alors particulièrement dangereux. Je crains, je ne peuxqu vous le dire à l'oreille, qu'ils ne causent à son tour d'autres décès et qu'ils ne massacrent les autres nobles de la ville. 
 
Niccolini, vous qui faites partie des Huit, cette instance judiciaire suprême de Florence, quelles sont selon vous les premières mesures à prendre suite au décès du duc ? 
 
NICCOLINI : Selon moi, il n'y a pas de questions à se poser, pas d'hésitations à avoir, cela va de soit il faut élire un nouveau duc avant que la terre ne tremble, ébranlant les fondements de cette société et que le ciel nous tombe sur la tête.
 
Vous faites vous aussi, Corsi, partie de cette instance, avez-vous une idée du parfait candidat ? 
 
CORSI : Je me dois de proposer à cette responsabilité le meilleur prince du monde, Côme de Médicis, sous le titre provisoire de gouverneur de la république florentine. Je doute fort qu'il refuse la présentation de sa voix aux élections.
 
Quant à vous, Ruccelaï, autres membres des Huit, que pensez-vous de ces nouvelles et soudaines élections ? 
 
RUCCELAÏ : C'est une aberration totale ! Une honte ! Je ne comprends pas comment des personnages pourtant si bien éduqués peuvent laisser faire une chose pareille et surtout ne voient pas la réalité. Non ! Moi je pense qu'il suffit ! Plus de princes, plus de ducs ou de seigneurs pour Florence ! Ce que le peuple veut et ce que je veux aussi, c'est une République libre et dépendante. Je m'oppose, aux noms de tous les citoyens florentins, à ce vote ! 
 
Philippe Strozzi, votre famille a connu des différents avec les Médicis mais aussi et surtout avec la famille Salviati favorisée cependant par les seigneurs de Florence. Tout le monde vous désigne comme le premier bénéficiaire du décès du duc, qu'en est-il en réalité ? 
 
PHILIPPE STROZZI : Je ne peux malheureusement détromper ce qu'on raconte. Ma famille a en effet eu des ... "querelles" avec les Salviati et nous avons effectivement été victimes d'injustice la part des Médicis. Ne me prenez pas pour un insensible, je ne dis absolument pas que la mort du duc était souhaitable,ni qu'il s'agit là d'une excellente nouvelle. Néanmoins je pense que l'annonce de ce "regrettable" décès est un soulagement pour ma famille mais également pour le peuple. Notre liberté est dorénavant sauvée ! 
 
Toutes ces personnes sont des seigneurs, des bourgeois ou des membres des Huit, mais qu'en pense donc la population ? Pour vous, notre équipe est descendu parmi eux pour tenter d'en savoir plus là où se trouve les personnes les plus touchées par le règne d'Alexandre de Médicis. Voici la très sérieuse théorie d'un marchand de tissus et de beaux accoutrements : 
 
LE MARCHAND  : Vous voulez mon avis ? Ce n'est pas une coïncidence. Ecoutez-moi avec attention, vous en aurez bien besoin : le duc Alexandre de Médicis a été tué le le 6 de l'année 1536 à 6 heures de la nuit, il avait 26 ans, il avait 6 blessures et il a régné 6 ans. Vous ne voyez donc rien ? Six 6 ! Cette combinaison surnaturelle est un signe ! Un signe, je vous dis ! 
 
L'ORFEVRE : N'écoutez pas mon voisin, il a parfois des idées originales mais il ne pense pas mal. Ce que vous cherchez ici est un avis sérieux et réfléchi, n'est-ce pas là votre but profond ? Je suis une personne qui pense, durant ses longues heures de travail, et selon moi le problème résulte dans un dérèglement de la société qui a commencé lorsqu'un des piliers qui la soutient a voulu s'élever au-dessus des autres. Ce pilier, c'est la famille des Médicis. Ils sont apparus en une nuit, tel un champignon de malheur soudain et inatendu. Ils ont gouverné avec violence, ont apporté leur armée et leurs Allemands et onttout bouleversé dans notre jadis belle ville de Florence. Le duc n'est qu'une moitié de Médicis ! Un bâtard qui prend nos filles, boit à volonté et se montre violent parfois sans raison, et tout ce qu'il fait, il le fait avec notre argent, nos impôts ! Comment voulez-vous que je regrette sa mort ? 
 
 
      Des soupçons, des théories, des avis mitigés sur Alexandre, un nouveau duc élu et une volonté de créer une République libre ... Qu'advientra-t-il par la suite ? Affaire à suivre ... 
 
 
 
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article