Dilatation - Jacques Ancet
Le poème sur lequel j'ai travaillé est le poème 10 dans la partie de Entre Corps et Pensée nommée L'Imperceptible. L'extrait se trouve aux pages 78-79.
Même malgré la douleur,
la pente du désespoir
et le gouffre de l'ennui,
c'est une sorte de signe
que personne ne reçoit.
On fixe le ciel, sa fuite
jaune avec le soir qui vient,
comme une étincelle d'espoir.
Tout est si loin que c'est comme
une image qui recule,
la vie qui s'éloigne, s'enfuit,
s'obscurcit. On ne sait plus
si les mains cherchent la nuit,
la refoulent ou l'attrapent,
la repoussent, mais c'est là.
La fatigue a des couleurs
comme les saisons. Elle a
ses douceurs et ses éclats,
ses lumières et ses ombres,
ses silences. Mais surtout
ce qu'elle permet de voir :
d'une chose à son image,
imperceptible, une sorte
de distance sans distance
qui est là sans pourtant l'être.
L'incertitude d'un monde.
Comme un vacillement bref,
un court instant entre deux
battements de cœur humain.
En italique bleu, ce sont les vers que j'ai rajoutés.
