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Publié par Margaux

 

Voici en mémoire d'Eugène de Rastignac quelques témoignages de femmes qui l'ont connu ...

 

Mme Vauquer

"Je me souviens bien de ce bonhomme, très poli, très gentil, d'agréable compagnie, bien qu'il fût un peu curieux et prétentieux.

Il s'enfermait dans sa chambre toute la journée, le nez fourré dans ses livres de Droit. Ah ça ! Il travaillait dur ses "grandes études" ! Mais parfois, elles lui montaient à la tête. Un jour, il nous a avoué, à moi et à Sylvie, qu'il avait espionné le père Goriot à travers la serrure de sa chambre. Il pensait que ce pauvre vieillard manigançait quelque chose, en secret, comme s'il avait une double vie. Eugène avait cru voir l'homme manipuler des lingots d'or ! Pauvre et ruiné comme Goriot était ! Oh, comme nous avons ri avec Sylvie ce jour-là ! Eugène n'en menait pas large !

C'était tout de même un pensionnaire respectueux de tous malgré les tensions avec Monsieur Vautrin. Ce dévoué étudiant avait toujours l'amabilité de ne pas faire de bruit lorsqu'il rentrait tard le soir, pour ne pas réveiller toute la pension. Depuis trente et un ans que je tiens cette maison, Eugène de Rastignac est l'un des pensionnaires les plus beaux et distingués que j'ai connus."

 

Mme de Beauséant

"J'ai connu pour la première fois Monsieur de Rastignac à la fin de l'année 1819. Je l'avais invité à l'un de mes bals, c'est là qu'il a fait connaissance avec des personnes de l'aristocratie parisienne, notamment la comtesse de Restaud, Anastasie.

Je me souviens très bien de notre proximité, nous étions d'ailleurs cousins. Un jour, mon époux, le vicomte de Beauséant, ne pouvant pas se joindre à moi pour se rendre aux Italiens, un théâtre parisien ma foi fort réputé, j'avais décidé de prendre Monsieur de Rastignac pour m'accompagner. Depuis notre loge, nous aperçumes madame Delphine de Nucingen, l'une des filles du père Goriot. Je soupçonnais (et je le soupçonne aujourd'hui encore !) Monsieur de Rastignac d'être tombé sous le charme de l'épouse du Baron de Nucingen. Ce grand sot n'osait pas s'approcher pour entamer la conversation. Il était là, debout, comme pétrifié par la beauté incontestable de la jeune femme. J'ai donc demandé à ce brave Monsieur d'Ajuda de présenter ce bel étudiant à la baronne de Nucingen. Les deux âmes ne se sont pas quittées de la soirée !

Oh oui, Monsieur de Rastignac, c'était quelqu'un de bon, de touchant et de dévoué. Sa présence m'était chère, qu'il repose en paix."

 

Anastasie de Restaud

"Monsieur de Rastignac ? Oh, c'était un jeune homme cordial. Nous avons fait connaissance au bal de la vicomtesse de Beauséant, sa cousine me semble-t-il. Nous avons assez vite sympathisé. Que vous dire de plus à son sujet ? Il est venu me rendre visite chez moi, rue du Helder, quelques jours après cet événement. Il a ainsi pu rencontrer mon mari, ainsi que ce formidable Maxime de Trailles. Notre entrevue ne fut guère longue. Il est revenu à plusieurs reprises, mais j'interdisais aux valets de le laisser entrer dans ma demeure, je ne ressentais pas d'affinité particulière avec cet étudiant, comparé au fabuleux Monsieur de Trailles."

 

 Delphine de Nucingen

"Cet homme était mon amant.

Nous nous sommes beaucoup aimés, c'était là un véritable amour passionnel. Malheureuse dans mon couple, aux côtés du Baron de Nucingen, je me sentais mal-aimée et je m'ennuyais beaucoup.

Lorsque Monsieur de Rastignac est arrivé dans ma vie, mon cœur a chaviré. Nous avons tous deux vécu les plus beaux instants de notre vie.

Je me souviens d'ailleurs d'une magnifique journée passée à ses côtés. Le fait que nous nous fréquentions, Eugène et moi, avait contribué au bonheur de mon cher père. Je les avais invités un soir pour dîner. Thérèse, ma bonne, avait mis les petits plats dans les grands ! 

C'est aussi en ce jour que mon tendre père m'a annoncé que sa pauvreté n'était plus. Il a révélé pouvoir vivre "comme un prince avec quarante sous par jour" ! Cette nouvelle m'a si soulagée que nous avons merveilleusement profité de ce souper. Eugène, par sa délicieuse présence, me couvrait d'amour et de passion... Il me tenait la main si fort et son regard me disait que j'étais comme la plus belle femme à ses yeux... A ses côtés, je me sentais revivre... C'est l'un des plus beaux souvenirs que je garde de lui..."

Souvenirs d'Eugène de Rastignac
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