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Publié par Gaëlle

Il y a 11 parties dans ce recueil

et il y a 11 versifications différentes.

Versification - Thomas Vinau

Un ours qui cherche

Des vers de moins 7 mots maximum, très courts, regroupés en strophes de 2 à 7 vers. Ce sont des vers libres mais il y a parfois certains mots qui riment (lui / suit ; orphelin / souverain ; saison / ourson ...)

Cette brièveté donne l'impression de saccades, quelques pas, puis un arrêt, on regarde autour de soi, puis on se remet en route.

On remarque également que le texte est centré, ce qui donne l'impression d'étirer ou de raccourcir les vers.

On ne sait pas ce qui pousse
dans son ventre
une saison
du foutre
la colère
un ourson

Il est une montagne
qui cherche en s'effondrant
un météore
affamé

Versification - Thomas Vinau

Le raconteur

Les vers sont comme ceux de la première partie, très courts, ils ne dépassent pas 7 mots. Mais ils sont regroupés en strophes de 10 à 19 vers, ce qui étire bien plus les phrases. Il n'y a que les 3 dernières strophes qui contiennent respectivement 4, 8 et 3 vers, et qui marquent la fin de l'histoire.

La typographie (texte centré) et la brièveté des vers (2 à 4 mots en moyenne) donne aussi cette impression de saccades.

Un jour
un homme
m'a raconté
l'histoire
d'un homme
qui se réveillait
chaque matin
au fond de l'océan
Sa vie consistait
à choisir
entre la surface
la rive
et le fond
[...]

Versification - Thomas Vinau

La barque

Cette fois, les vers sont constitués de phrases bien définies, et de plusieurs phrases parfois. Le texte est centré et formé de vers hétéromètres, et la typographie donne l'impression d'un télégraphe, on pourrait presque ajouter [stop] à chaque point.

Les strophes changent de taille, passent de longues phrases à 2 ou 3 mots par vers, passent de 3 à 20 vers.

Cette partie est comme un cauchemar.

L'eau. Je la touche. Elle ne m'avale pas.
Elle distribue ses silences.
Les roulements de l'onde comme des épaules d'ours
qui chaloupent et qui tanguent. Les cercles concentriques.
Les clapotis merdeux.
[...]

Versification - Thomas Vinau

Mon ombre et l'ombre du chien

Chaque strophe commence par cette phrase, Mon ombre et l'ombre du chien, suivie de 2 à 7 vers, composés de 2 à 4 mots chacun. Ce ne sont pas des phrases, ce ne sont que des mots comme jetés par saccades, et cette impression est à nouveau renforcée par la brièveté des strophes.

Il n'y a que la première phrase qui ressort à chaque fois, car elle est toujours plus longue que les suivantes.

Mon ombre et l'ombre du chien
On patiente
On pisse
On farfouille
Dans le froid
De vos rêves

Versification - Thomas Vinau

La horde

La versification de cette partie est la même que la première partie Un ours qui cherche, à la seule particularité que chaque strophe commence par "Nous", sauf la première et la troisième strophe, qui sont longues chacune de 3 vers.

Nous sommes autre chose
que des bêtes
ou des hommes

Versification - Thomas Vinau

Eux

Cette partie est constituée de 9 paragraphes, qui sont chacun la description d'une ou de personnes qui ne sont jamais nommées. Ce ne sont plus des vers mais de la prose. Chaque paragraphe commence par "Il y a", sauf le dernier, qui commence par "Eux".

C'est comme si l'auteur faisait la description des personnages qu'il voit en face de lui, ou sur une photo.

Il y a les deux casquettes tordues.

Versification - Thomas Vinau

Fait d'hiver

Cette partie est aussi constituée de 8 paragraphes, plus courts que ceux de la partie précédente. Chacun des paragraphes est un morceau du récit qu'ils forment ensemble. Comme la partie précédente, celle-ci est aussi en prose.

L'aube était ce gibier, mammifère perdu à la chair tiède et rose.

Versification - Thomas Vinau

Je bois tous les mélanges

Cette partie est à nouveau en vers mais contrairement aux parties en vers précédentes, le texte n'est pas centré mais aligné à gauche. Les strophes sont courtes, 2, 3, 4 vers, qui ne sont composés que de peu de mots, en moyenne 4 mots par vers, parfois seulement 2 mots, jusqu'à 7 mots maximum.

Parfois, certains mots sont très étonnants, c'est comme si le poète avait pris le premier mot qu'il voyait, ou le premier qui lui passait par la tête.

Quelque chose
suppure
Un ragondin
dans les chiottes
du lycée

Versification - Thomas Vinau

La neige a bu la lumière

Cette partie est la plus longue et la seule dont la versification n'est pas la même tout du long. Le poète alterne les paragraphes en prose et les strophes en vers. Les paragraphes sont assez longs, plus que dans les autres parties en prose. Les strophes sont centrées, ce qui les mets en valeur. Elles sont formées de vers libres, hétéromètres, sans rimes. Parfois il y a 7 ou 8 vers par strophe, parfois il n'y en a que 3 ou 4. Parfois il y a seulement 2 mots par vers, parfois les vers sont des longues phrases de 10 mots.

A la fin de la partie, après le dernier paragraphe en prose, il y a un vers, seul, puis un strophe de 4 vers de 2 ou 3 mots, puis 2 vers qui sont presque exactement les mêmes au mot près et pour finir, il y a une strophe de 4 vers, une strophe de 3 vers et un mot, seul, centré.

Cette partie est la plus diverse, la moins homogène.

Héliotropes

Versification - Thomas Vinau

Dans la plaine grise

Cette partie est en vers, avec des vers toujours très courts, qui ne dépassent pas 5 mots. Le texte est centré et beaucoup de vers sont seuls, détachés des strophes, comme pour les mettre en valeur. Cette partie est sûrement la plus courte du recueil.

ce quelque chose
soit redevenu

un sac plastique

Versification - Thomas Vinau

Craché là

La dernière partie de ce recueil est en vers, qui forment des strophes soit très longues, jusqu'à 20 vers, soit très courtes, seulement 4 voire 2 vers. Parfois il n'y a qu'un mot ou deux par vers, parfois, il y en a près d'une dizaine, ce sont des vers très libres.

craché là
tu tisses des couvertures
avec tes entrailles
parce que le néant
redoute la douceur*et que dans un seul point de contact
entre deux mains
la mort meurt

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