Ecriture d'invention - Lettres persanes 2008 : Lettre 27

Yanina à Diego
À Buenos Aires.
Tu sais Diego, en venant à Paris, je ne m’attendais pas du tout à voir autant d’inégalités. Ici, il y a les quartiers riches, il y a les quartiers pauvres. Dans la rue, on peut rencontrer des mendiants, assis par terre accompagnés de leur chien et vêtus de vieux vêtements, mais on peut aussi rencontrer des hommes d’affaires, marchant à toute allure accompagnés de leurs secrétaires et vêtus de vêtements de grandes marques. Je peux même aller plus loin : quand un riche passe devant un pauvre, c’est comme s’il passait devant une bête, il ne le regarde même pas et s’en éloigne le plus possible.
Et tu sais ces gens riches, ce sont ces personnes là qui sont si narcissiques, si arrogantes, si égoïstes, si hypocrites, si … il passent leur temps à vérifier qu’il n’ont pas une mèche de travers, à bousculer les passants, à ne penser qu’à leurs « problèmes » et à critiquer les autres.
Tant des différences me font peur. Même si chez nous, en Argentine, nous ne vivons pas aussi bien qu’en France, je m’y sens mieux.
Au pays nous ne faisons pas de différences entre un éboueur et un avocat, alors que dans le pays de Marianne, il y a comme un océan qui les sépare. Etre éboueur, c’est presque une honte, alors qu’être avocat, c’est prestigieux, magnifique, extraordinaire.
Enfin sur ces mots, je m’en vais faire quelques courses, et je te raconterai une autre fois les merveilleuses histoires de nos amis français.
À Paris, le 14 septembre 2008