Ecriture d'invention - Lettres persanes 2008 : Lettre 5

Yanina à Diego
À Buenos Aires.
Cela fait presque deux mois que je suis arrivé dans la capitale de la France, et pourtant je me sens toujours aussi mal. Les gens dans la rue passent devant moi sans même oser me regarder. Ils se disent tolérants, ils sont hypocrites ! Pas une seule fois un parisien ne m’a souri. Pas une seule fois un parisien ne m’a adressé la parole. Pas une seule fois un parisien ne s’est excusé après m’avoir bousculé ou écrasé un pied.
À Paris, la population est pressée, très pressée même. Dans les rues, les gens courent et bousculent les passants parce qu’ils sont toujours en retard. Et puis ils râlent, toute la journée. Tu n’imagines pas à quel point c’est lassant, mais je m’y habitue, et il m’arrive même parfois d’oublier mon caractère si calme qui me vient de mes parents argentins pour râler à mon tour, comme le font les parisiens. C’est désolant.
Je ne t’ai pas encore parlé de la mode. La mode qui change tout le temps. Pourquoi ? Je ne sais pas. Ils doivent sûrement avoir beaucoup d’argent à dépenser inutilement. Mais bon, que serait la capitale sans la mode ?
Sur cette question, je vais te laisser jusqu’à ma prochaine lettre, où j’aurais sûrement encore beaucoup de choses à t’apprendre sur la culture française.
À Paris, le 22 août 2008
