Présentation - Marivaux : La Double Inconstance
L'auteur
Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux ,né à Paris en 1688, est un journaliste, dramaturge et romancier français. Il commence des études de droit en 1710. Il publie son premier texte en 1712, le Père prudent et équitable, ou Crispin l'heureux fourbe, après quoi il s'engage contre les classiques et se lance tour à tour dans différents genres comme le roman parodique, le roman burelesque, ou la chronique journalistique avant de se spécialiser dans le parodique grâce auquel il détourne les usages traditionnels des écrivains classiques avec par exemple l'Iliade Travestie (publiée en 1716).
Il se marie en 1717 Colombe Boulogne qui lui amène une certaine aisance financière, mais il dépense tout son argent en 1720 avec la banqueroute de Law et finit par perdre Colombe en 1723, ce qui l'oblige à travailler pour assurer sa survie ; il choisit le théâtre comme genre prédilectoire : ses comédies théâtrales sont révolutionnaires, par exemple les deux Surprises de l'amour (1722 et 1727), et ses comédies philosophiques ne tardent pas à suivre (l'Île des esclaves en 1725).
Son oeuvre romanesque la plus marquante est la Vie de Marianne qu'il écrit pendant environ quinze ans (1726-1741). Elu en 1742 à l'Académie Française grâce à son amie Claudine de Tencin, il n'écrit plus que quelques pièces jouées exclusivement par la Comédie-Française et meurt à Paris d'une pleurésie, en 1763.
L'oeuvre
La Double Inconstance, parue en 1723, est la sixième pièce que Marivaux publie. C'est une comédie légère qui se moque de la notion de fidélité au sein d'un couple à travers des personnages de deux paysans, Silvia et Arlequin, qui disent ne jamais se séparer car leur amour est plus fort que tout obstacle. Mais le prince, qui tombe amoureux de Silvia, l'enlève et la séduit, se faisant passer pour un simple cavalier, tandis qu'Arlequin, lui aussi emmené de force au palais, trouve beaucoup de charme à l'une des courtisanes du soupirant de sa maïtresse. Ils finissent par rompre d'un commun accord, beaucoup plus facilement qu'ils ne l'auraient pensé.
J'ai beaucoup aimé cette pièce, en grande partie parce que toute cette idéalisation de la fidélité m'a toujours insupportée, et j'ai trouvé très surprenant d'en voir une parodie de cette époque. De plus, les personnages principaux sont presque plus détestables que ceux qui ont les rôles de " méchants " comme Lisette ou le prince, qui deviennent au fur et à mesure plus attachants et compréhensibles que les héros. C'est en fait véritablement son originalité par rapport aux mœurs de l'époque qui m'a fait apprécier cette pièce particulièrement, et je la conseille à tous les amateurs de littérature.