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Publié par Gaelle - Auriane - Marion

 

Groupement de textes :

 

L'Italie, berceau de l'humanisme européen

 

 
 
MARSILE FICIN
 
Commentaire sur le Banquet de Platon (1469)
 
 

"Il y a plus si la beauté de chaque corps était en quelque sorte corporelle et résidait en l'épaisseur même de ce corps, elle ne plairait pas à qui la regarde en vertu de cette corporéité. La beauté de quelqu'un plaît à l'âme ..."

 

 

 

Présentation :

Marsile Ficin était un poète et philosophe italien. Il est né à Florence en Toscane le 19 octobre 1433, et est mort près de sa ville natale à Careggi le 1er octobre 1499. Fils du 1er médecin de Côme de Médicis, il trouve en ce dernier une sorte de père adoptif, de protecteur. A sa mort, il vivra ensuite à la cour de Laurent de Médicis. Il fit sa première éducation à Florence, puis alla étudier à Bologne. Il voua un véritable culte à Platon ; et se consacra à la lecture et à l’étude de ce dernier. De retour à Florence, il fait partager son enthousiasme pour ce philosophe à son protecteur Côme de Médicis. Il a consacré sa vie à la traduction latine de Platon, c'était l’œuvre capitale de sa vie.

Introduction :

Le Commentaire sur le Banquet de Platon a été écrit par Marsile Ficin en 1469. C'est un commentaire sur l’œuvre de Platon : Le Banquet. Il développe les idées de ce philosophe sur le Beau et son lien avec l'Amour.

 

Quelle vision de la beauté et de l'amour nous donne Marsile Ficin à travers ce Commentaire sur le Banquet de Platon ?



I. La beauté corporelle

a) l'apparence et le corps

Dans ce texte, on voit que le premier avis est physique :
- première phrase, exagération du mots corps 4fois.
- il est dit également « en l'épaisseur même de ce corps » l.2


---> affirmation des rondeurs. Référence au culte de la femme pulpeuse du 15ème.


Répétition du mots corps dans le commentaire.


Mais ligne 5-6: « Cette image, dans la vue et dans l'âme, qui sont des incorporels, ne saurait être un corps. » L'esprit c'est faire la différence entre le corps et la personne en elle même.
Ce n'est pas l'apparence corporel qui plaît ligne 13 : c'est la beauté incorporel qui plaît.



b) Matière extérieure



Accentuation du corps, Marsile Ficin veut mettre de l'importance sur le fait qu'il y a le corps. Il le répète d'ailleurs à plusieurs reprises, par exemple ligne 1, 2, ou encore 9. En réalité, pour Marsile Ficin, l'amour et la beauté extérieure sont liés, c'est dans l’esprit qu'on va aimer la personne, qu'on va aimer son extérieur, donc son corps. Marsile Ficin dit que ce n'est pas le corps qui plaît mais c'est tout d'abord la personne, comme il nous l'écrit ligne 3, 4 : « la beauté de quelqu'un plaît à l'âme et non en tant qu'elle gît dans une matière extérieur ». « Ne peut plaire à l'âme que la beauté qu'elle est capable de saisir » : Marsile Ficin veut probablement dire que si l'on n'aime pas une personne, on ne pourra lui trouver que des défauts, on ne pourra la trouver belle de l’extérieur, alors que si l'amour est présent, la personne que l'on aime est la plus belle.



c) Un discours argumentatif



Le Commentaire sur le banquet de Platon a une visée argumentative. Chaque idées suit un ordre logique. Cet extrait commence par la proposition « il y a plus » (l.1). Ficin nous entraîne immédiatement vers son interprétation personnelle de la beauté, du corps, de l’âme et de l’amour. Son but est de convaincre le lecteur à l’aide de liens qui entraîne l’argumentation jusqu’à son terme : « en effet » (l.6), « or » (l.10), « donc » (l.12), « enfin » (l.13). Il termine ceci par « il s’ensuit que » (l.13), comme pour pousser le lecteur à adhérer à son raisonnement. Cette argumentation semble à présent être d’une logique implacable, une évidence aux yeux des lecteurs. Il cite un exemple très convaincant pour étayer ses idées : (l.6) « En effet, comment le ciel, pour ainsi parler, entrerait-il tout entier dans la minuscule pupille de l’œil… ». A la ligne 9, Ficin utilise le mot « impossible », précédé d’un point : cet emploi du mot accentue sur l’évidence de son argumentation, et sur le fait que certaines idées pensées par d’autres personnes sont vraiment saugrenues.




II. La beauté de l'âme



a) Image spirituelle



La beauté est spirituelle. Toute la beauté d'une âme peut rentré dans l'esprit : ligne6 « Comment le ciel, pour ainsi parler, entrerait-il tout entier dans la minuscule pupille de l’œil si elle le recevait d'une manière corporelle ? Impossible ».


Métaphore du ciel : Infinité de corps.


Donc comment une infinité de corps pourrait tous rentrer dans une pupille ? Seule l'âme pourrait rentrer dans la pupille. Le mot Impossible montre bien que ce serait inconcevable. Ligne 10- 11 : La beauté est personnelle, spirituelle. L'âme étant unique à une personne nous n'avons pas tous les mêmes goûts → Ce qu'il explique en disant «que la beauté qu'elle est capable de saisir »

b) Philosophie de l'Amour



Lignes 12-13 « ce qui plaît, et agréable à chacun . Et enfin ce qui est agréable, est beau. » Ce que veux dire Marsile Ficin est que quand on aime une personne , on ne l’aime pas parce qu’elle est belle , on aime la personne et non son corps . M.Ficin veux dire que aimer rend la personne qu’on aime belle , même si pour les autres cette personne ne seras pas belle , comme on l’aime elle seras forcement belle, aimer rend beau -l.13 ex : ce qui plait , est agréable… ce qui est agréable est beau . On a plus besoin de voir le corps de l’autre pour le trouver beau , il y a un lien logique ce qu’on aime est beau. On ne peut aimer une personne parce qu’elle est belle, ce n’est pas son corps ou son physique qu’on aime mais ce qu’elle est en elle , l’être humain que cette personne est .



c) Âme et religion



On peut percevoir dans ce texte une dimension religieuse. En effet, l'âme est un concept religieux. Le mot « âme » est cité de nombreuses fois (l.3, 5, 6, 10, 12). la notion de plaisir dans ce texte est souvent relié à l'âme. Ficin semble dire que, outre le plaisir lié à l'esprit de la personne (et pas uniquement à la beauté), le plaisir est aussi lié à Dieu. La métaphore du ciel, comme l'idée précédente, peut désigner une infinité de personnes, mais également Dieu. Cela pourrait être une sorte d’allégorie du ciel. La spiritualité abordé dans le texte est également assimilable à la spiritualité religieuse (l.15 « image spirituelle »). L'âme est liée à l'amour, or nous pouvons interpréter que cet amour est comme l'ombre de l'amour divin. Le désir de l'âme est de s'elever jusqu'à Dieu.



Conclusion :

Marsile Ficin nous présente dans ce texte sa vision de la Beauté et de l'Amour. Le corps n'est qu'une matière extérieure. La vraie beauté est la beauté de l'âme. L’amour est réellement liée à cette beauté. Il s'attache à un esprit, une âme. Ce qui compte réellement, c'est l'image spirituelle, et non la réalité corporelle. Ce que l'on appelle la « beauté intérieure ». Marsile Ficin transmet aussi l'importance de la religion : une religion présente peut rendre l'âme plus belle. Finalement, le véritable Amour ne se fie pas aux apparences. Ce texte est emprunt de l'influence du « platonisme ficinien ». Le platonisme que l'on retrouve dans ce texte est sur la séparation de l'âme et de son corps. On retrouvera cette idée dans de nombreuses œuvres ultérieures.

 

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/fa/Zaccaria_in_the_temple_by_dghirlandaio.jpgMarsile Ficin, Cristoforo Landino, Angelo Poliziano et Demetrios Chalkondyles.

Détail d'une fresque (1486-1490) de la chapelle Santa Maria Novella à Florence.

 

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