i-voix aux mains d'argent - Florilège 5
Tim Burton - Edward aux mains d'argent
Effraction, immersion, contraction, dilatation, substitution : tout au long de l'année, les lycéens d'i-voix ont aimé couper-coller-insérer-remplacer... dans des oeuvres variées.
A la manière des cut-up de William Burroughs, des cadavres exquis surréalistes, des centons oulipiens, des MashUp vidéos, ils explorent ainsi, à l'ère du numérique, une façon originale de s'approprier des textes littéraires et d'en créer de nouveaux. Cette activité, ludique et pédagogique, permet de comprendre de l'intérieur l'univers d'un auteur, de faire résonner en soi ses mots, de partager les sensibilités et les imaginaires, de travailler la langue, de faire jaillir de soi des éclats de poésie. Alors peut-être la littérature retrouve son pouvoir de vibration et de façonnement.
Saurez-vous reconnaître les oeuvres qu'ils ont ainsi goulûment dépecées, chirurgicalement charcutées, poétiquement électrocutées ?

Tim Burton - Edward aux mains d'argent
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Le monde et les mots du monde
fracassent le poème
j'enlève mon chapeau
comme si quelque chose d'inéluctable était en préparation
on voudrait s'éveiller aussi lumineux que le jour
Regarde-moi !
je fais des rêves qui n'appartiennent qu'à d'autres
♦
Je suis dans le coeur de la flamme
C'était une danse magique, qui hurle
Métal contre métal, une ronde de la fierté
C'est comme dans nos larmes
Le bûcher recule, le ventre qui prend fin
J'entends mal l'odeur qui montait haut
Oublier chaque jour.


A la racine de cette journée,
d'une caresse,
tremblante sous les souffles de décembre,
tu es là.
Extraits des pages 30 et 44
Un jour rêve réalisé
le lendemain vent frais prévu
plusieurs semaines suivent
à l' horizon que le ciel blanc
à peu de choses près
je ne veux pas en faire une histoire alors
ayant vécu un tel moment
je ne sais pas
aie aie qu' est ce que je raconte
bien trop d'alcool d'herbe et de fous rires
pendant ce temps disparitions inexpliquées
gros titre à la une tout s'arrange
avec une bande de fêtards
à la tombée du soir
en fin de compte non c'est stupide
au réveil je suis parfaitement clair
Souvent, le sacrifice quitte la blessure, qui épouse le corps en un souffle de liberté, comme l'amour quitte la pensée pour la poésie.
on t'interroge sur la première chose
que tu ferais
si tu en avais le pouvoir
qu'est-ce que tu fais ?
tu revis cette nuit vaporeuse
tu collectes des pétales de vie
tu conserves les gouttes de rosée d'un crépuscule d'été
tu ne fais pas attention au train qui arrive
tu t'écartes de cette odeur enivrante
tu gardes tes yeux d'enfant
tu lis la tête en bas
tu converses avec le roulis des vagues
tu n'arrives pas à te décider
Et si la mort
qui traverse l'espace
du ciel
comme l'amour
comme nos rêves
nous sépare
la peur s'oublie et la douleur
porte si loin

source
Dans l'ombre nos yeux flottent,
Limpides,
ferme rondeur du matin encore avec sa large moiteur de cave.
p57-p29
Je suis dans le jardin
Dans la nuit
excellents danseurs partout
tous dans la même ivresse
l'homme qui oublie.
Je ne trouve rien alors
j'espère
l'amour j'essaie d'arrêter en ce moment aie
pour diverses raisons trop longues
dit-elle dans un souffle
l'homme qui l'aime.
la nuit transporte les paroles
jalouse tu ne veux même plus quitter
la nuit genre road movie toute la nuit
nous ne faisons pas ce genre-là non
tant pis puisque ça a fait rire aussi
autrement.
l'homme qui aimait les femmes.

Lents et silencieux, on n'entendait rien que le
bruit du feu, de la flamme qui montait haut, ils ont
jeté dans le bûcher leur bleu de travail.
Existe-t-il une ivresse si luxueuse qu'elle per-
mette d'oublier qu'on a marché sur le corps des
hommes ?

Tim Burton - Edward aux mains d'argent

