i-voix aux mains d'argent - Florilège 4
Tim Burton - Edward aux mains d'argent
Effraction, immersion, contraction, dilatation, substitution : tout au long de l'année, les lycéens d'i-voix ont aimé couper-coller-insérer-remplacer... dans des oeuvres variées.
A la manière des cut-up de William Burroughs, des cadavres exquis surréalistes, des centons oulipiens, des MashUp vidéos, ils explorent ainsi, à l'ère du numérique, une façon originale de s'approprier des textes littéraires et d'en créer de nouveaux. Cette activité, ludique et pédagogique, permet de comprendre de l'intérieur l'univers d'un auteur, de faire résonner en soi ses mots, de partager les sensibilités et les imaginaires, de travailler la langue, de faire jaillir de soi des éclats de poésie. Alors peut-être la littérature retrouve son pouvoir de vibration et de façonnement.
Saurez-vous reconnaître les oeuvres qu'ils ont ainsi goulûment dépecées, chirurgicalement charcutées, poétiquement électrocutées ?

Tim Burton - Edward aux mains d'argent
Ce fut un dimanche incolore,
je laisse la poussière,
s'envolent les oiseaux,
le monde et les mots du monde
en s'évanouissant nous lient.
/http%3A%2F%2Fwww.labo-microsoft.org%2Fd%2F250x190%2F5598.jpg)
Rien n'a changé
le corps repose
et épouse le regard
d'une femme ,
un souffle brûlant
puis la parole .

Soixante-cinq femmes et enfants, et trois cent soixante-neuf hommes, immigrants d'origine afghane surtout, et clandestins ont été... La suite, on l'ignore, mais on peut s'en douter.
Nos amis les maux
Insecte sur marche de granit
la terre chuchote
libellule mobile
inaudible agonie d'une aile
fin des bruits et des histoires
un crapaud furtif annonce la nuit
des milliers de moutons blancs
le ciel traîne ses blancheurs migratoires
le silence des grillons
tout est cendre ce soir
Dans la partie du recueil intitulée Ciels pierres saisons, beaucoup de poèmes comprenaient des noms d'animaux. J'ai donc relevé chaque bout de phrase comprenant ces noms ( se trouvant aux pages 14, 25, 26, 27 et 45 ) tout en y ajoutant d'autres phrases qui me semblaient s' y accorder ( glanées aux pages 25, 26, 27, 28 et 52 ). En résulte, ci-dessus, un tout nouveau poème !
Tu te souviens, sous ta peau, les matins qui étonnent, des poèmes en fleurs qui veillent au bord du vide, les blessures où germe la foudre, tu écoutes.
- p.9 - p.22 - p.69 - p.74 - p.78 - p.79 - p.86 -
Vieux port, un soir
Totalitarismes toujours
Jazz, encore, encore.
"main dans la main
yeux dans les yeux
que tu aurais choisis depuis longtemps
à force d'épure
nous sommes devenus
supra-conductifs"
Page 18 et 32 du recueil

Matin bleu noué
Limpide, ferme rondeur de matin encore avec sa large moiteur de cave.
Le matin a remué d'un coup sa volière de silence et de lumière
rouge..
.
les cris déployés de la folle
dans la peau studieuse du lait
remontent les oreilles d'une autre nuit
tombent mélancoliquement dans celle- ci

Tim Burton - Edward aux mains d'argent

/http%3A%2F%2Fwww.linternaute.com%2Fphoto_numerique%2Fgalerie-photo%2Fphoto%2Fnicolas-guinchard-l-art-de-la-macro-au-naturel%2Fimage%2Flibellule-341384.jpg)