Fulgurations liées...
“Les curieux événements qui font le sujet de cette chronique se sont produits en 194., à Oran. De l’avis général, ils n’y étaient pas à leur place, sortant un peu de l’ordinaire. A première vue, Oran est, en effet, une ville ordinaire et rien de plus qu’une préfecture française de la cote algérienne. »
« les lendemains, grâce à une insistance jugée déplacée, Rieux obtenait la convocation à la préfecture d’une commission sanitaire. »
La peste, Albert Camus
« écoutant, en effet, les cris d’allégresse qui montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours menacée. Car il savait que cette foule en joie ignorait, et qu’on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu’il peut rester pendant des dizaines d’années endormi dans les meubles et le linge, qu’il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l’enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse. »
La peste, A. Camus (fin)
« C’était un petit vieux, avec la Légion d’honneur. Il m’a regardé des ses yeux clairs. Puis il m’a serré la main qu’il a gardée si longtemps que je ne savais trop comment la retirer. Il a consulté un dossier et m’a dit : « Mme Meursault est entrée ici il y a trois ans. Vous étiez son seul soutien. » J’ai cru qu’il me reprochait quelque chose et j’ai commencé à lui expliquer. Mais il m’a interrompu : « vous n’avez pas à vous justifier, mon cher enfant… vous savez, elle avait des amis, des gens de son âge…Dans les premiers jours où elle était à l’asile, elle pleurait souvent. Mais c’était à cause de l’habitude… c’est un peu pour cela que dans la dernière année je n’y suis presque plus allé. Et aussi parce que cela me prenait mon dimanche- sans compter l’effort pour aller à l’autobus, prendre des tickets et faire des heures de route. »
L’étranger, A. Camus