Autobiographie de l'épée de Danceny - Les Liaisons dangereuses
Saint-Mandé, 7 décembre 17**, 8h00 du matin.
Ha ! Voici que le temps est venu pour moi de sortir au grand jour ! Damné fourreau, tu ne me retiendras point plus longtemps dans cette misère qui me semblait éternelle ! Cette prison que tu constitues sera vaine et ne pourra contenir l'ardente fureur du désir de vengeance ! Ce fidèle petit qu'est Danceny s'est promptement décidé à occire ce brave homme qu'est Monsieur de Valmont ! Lui, enfin, me permettra de jouir à nouveau de la lumière éclatante que l'Astre solaire fait refléter sur ma douce lame acérée ! Il me laisse songer à l'écarlate sang qui s'écoulera tel un fleuve de son corps meurtri ! Et l'élégante Marquise, non sans importance dans cette histoire, n'est désormais nulle autre que la Princesse qui gouverne mon cœur ; en ce moment où les pensées que je vous porte m'assaillent, je promet de glorifier votre charmante personne en menant jusques à vous les cris d'agonie de ma superbe victime.
Ah ! quelle hâte je porte à ce funeste moment de plaisir suprême, où, après une longue léthargie, je sortirai finalement de ma torpeur ! Et tout çela pour couronner les vainqueurs de lauriers excellemment justifiés !
Moi, honnête et noble fer, digne de la volonté de mon Maître, vous salue et dis à jamais.