Ce blog est un espace de lecture et d'écriture, de création et d'échange, autour de la littérature. Il est l'oeuvre de Premières du Lycée de l'Iroise à Brest (France) et d'élèves apprenant le français au Liceo Cecioni à Livourne (Italie) dans le cadre d'un projet eTwinning. "Ecrire ne saurait être qu'un acte de fraternité avec la poésie de ses semblables" (Georges Perros)
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Depuis qu'Amour cruel empoisonna Premièrement de son feu ma poitrine, Toujours brûlai de sa fureur divine, Qui un seul jour mon coeur n'abandonna. Quelque travail, dont assez me donna, Quelque menace et prochaine ruine, Quelque penser de mort qui tout...
Ne reprenez, Dames, si j’ai aimé, Si j'ai pleuré, hélas, toutes les larmes Si j'ai baissé , hélas, toutes les armes Si j’ai senti mille torches ardentes, Mille travaux, mille douleurs mordantes. Si, en pleurant, j’ai mon temps consumé, Las ! que mon nom...
On voit mourir toute chose animée, Lors que du corps l'âme subtile part : Je suis le corps, toi la meilleure part : Où es-tu donc, ô âme bien aimée ? Ne me laissez pas si longtemps pâmée : Pour me sauver après viendrais trop tard. Las ! Ne mets point...
Sonnet de la belle cordière Las ! cettui jour, pourquoi l'ai-je dû voir, Puisque ses yeux allaient ardre mon âme ? Doncques, Amour, faut-il que par ta flamme Soit transmué notre heur en désespoir ! Si on savait d'aventure prévoir Ce que vient lors, plaints,...
Je fuis la ville, et temples, et tous lieux Esquels, prenant plaisir à t'ouïr plaindre, Tu pus, et non sans force, me contraindre De te donner ce qu'estimais le mieux. Masques, tournois, jeux me sont ennuyeux, Et rien sans toi de beau ne me puis peindre;...
SONNET VIII: Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ; J'ai chaud extrême en endurant froidure : La vie m'est et trop molle et trop dure. J'ai grands ennuis entremêlés de joie. Tout à un coup je ris et je larmoie, Et en plaisir maint grief tourment...
XVI Après qu'un temps la grêle et le tonnerre Ont le haut mont de Caucase battu, Le beau jour vient, de luer revêtu. Quand Phébus a son cerne fait en terre, Et l'Océan il regagne a grand'erre ; Sa soeur se montre avec son chef pointu. Quand quelque temps...
Sonnet XX Prédit me fut, que devais fermement Un jour aimer celui dont la figure Me fut décrite, et sans autre peinture, Le reconnus quand vis premièrement. Puis, le voyant aimer fatalement, Pitié je pris de sa triste aventure, Et tellement je forçai...
Clere Venus, qui erres par les Cieus, Ô desespoir, ô Amour lumineux, Entens ma voix qui en pleins chantera, Tant que ta face au haut du Ciel luira, Son long travail et souci ennuieus. Mon oeil veillant s'atendrira bien mieus, Et plus de pleurs te voyant...
SONNET IX (originel) Tout aussi tot que je commence à prendre Dens le mol lit le repos desiré, Mon triste esprit hors de moy retiré S’en va vers toy incontinent se rendre. Lors m’est avis que dedens mon sein tendre Je tiens le bien, où j’ay tant aspiré,...
SONNET XIII Oh, si j'étais en ce beau sein ravie De celui-là pour lequel vais mourant : Si avec lui vivre le demeurant De mes courts jours ne m'empêchait envie : Si m'accolant me disait : chère Amie, Contentons-nous l'un l'autre ! s'assurant Que jà tempête,...
Baise m'encor, rebaise-moi et baise : Donne m'en un de tes plus savoureux, Donne m'en un de tes plus amoureux : Je t'en rendrai quatre plus chauds que braise. Las, te pleins tu ? ça que ce mal j'apaise, En t'en donnant dix autres doucereux. Ainsi mêlant...
Ô beaux yeux bruns, ô regards détournés, Ô chauds soupirs, ô larmes épandues, Ô noires nuits vainement attendues, Ô jours luisants vainement retournée ! Ô tristes plaints, ô désirs obstinés, Ô temps perdu, ô peines dépendues, Ô milles morts en mille rets...
Sonnet XXI Quelle grandeur rend l'homme vénérable ? Quelle grosseur ? quel poil ? quelle couleur ? Qui est des yeux le plus emmielleur ? Qui fait plus tôt une plaie incurable ? Quel chant est plus à l'homme convenable ? Qui plus pénètre en chantant sa...
Luisant Soleil, que tu es bienheureux De voir toujours t'Amie la face ! Et toi, sa soeur, qu'Endymion embrasse, Tant te repais de miel amoureux ! Mars voie Vénus ; Mercure aventureux De Ciel en Ciel, de lieu en lieu se glace ; Et Jupiter remarque en mainte...
Sonnet XIX : (l'original) Diane étant en l'épaisseur d'un bois, Après avoir mainte bête assénée, Prenait le frais, de Nymphe couronnée. J'allais rêvant, comme fais mainte fois, Sans y penser, quand j'ouïs une vois Qui m'appela, disant : Nymphe étonnée,...
Sonnet V Claire Vénus, qui erres par les Cieux, Entends ma voix qui en plaints chantera, Tant que ta face au haut du Ciel luira, Son long travail et souci ennuyeux. Mon oeil veillant s'attendrira bien mieux, Et plus de pleurs te voyant jettera. Mieux...
Ô longs désirs, ô espérances vaines, Tristes soupirs et larmes coutumières À engendrer de moi maintes rivières, Dont mes deux yeux sont sources et fontaines ! Ô cruautés, ô durtés inhumaines, Piteux regards des célestes lumières, Du coeur transi ô passions...
Ô doux regards, ô yeux pleins de beauté Petits jardins pleins de fleurs amoureuses Où sont d'Amour les flèches dangereuses, Tant à vous voir mon oeil s'est arrêté ! Ô coeur félon, ô rude cruauté, Tant tu me tiens de façons rigoureuses, Tant j'ai coulé...
SONNET X Quand j'aperçois ton blond chef, couronné D'un laurier vert, faire un luth si bien plaindre Que tu pourrais à te suivre contraindre Arbres et rocs ; quand je te vois orné, Et, de vertus dix mille environné, Au chef d'honneur plus haut que nul...
Tant que mes yeux pourront larmes épandre, A l'heur passé avec toi regretter : Et qu'aux sanglots et soupirs résister Pourra ma voix, et un peu faire entendre : Tant que ma main pourra les cordes tendre Du mignard luth, pour tes grâces chanter : Tant...
Sonnet III (1555) Ô longs désirs, ô espérances vaines, Tristes soupirs et larmes coutumières À engendrer de moi maintes rivières, Dont mes deux yeux sont sources et fontaines ! Ô cruautés ô durtés inhumaines, Piteux regards des célestes lumières, Du coeur...
Luth, compagnon de ma calamité, De mes soupirs témoin irréprochable, De mes ennuis contrôleur véritable, Tu as souvent avec moi lamenté ; Et tant le pleur piteux t'a molesté Que, commençant quelque son délectable, Tu le rendais tout soudain lamentable,...
Deux ou trois fois bienheureux le retour De ce clair Astre, et plus heureux encore Ce que son oeil de regarder honore. Que celle-là recevrait un bon jour, Qu'elle pourrait se vanter d'un bon tour, Qui baiserait le plus beau don de Flore, Le mieux sentant...
Scoop littéraire ! Louise Labé la Lyonnaise aurait-elle voyagé jusqu’à Brest ? Dans une bibliothèque brestoise, les lycéens d’i-voix ont en effet découvert une édition des Sonnets de Louise Labé telle que publiée en 1555 par Jean de Tournes, mais annotée...