Substitution - Olivier Cousin
Eloge " Toscane, 2011"
Les tours de France vacillent dans la lumière
Un chemin m'éloigne dans les collines
plantées d'arbres verts et cendre
Des voix montent de la ville
Deux hommes trop loin
dont l'italien s'échange à pleines mains
Récoltants les lunettes colorées préférées des français
Je ferme les yeux à la poudre du chemin
Des voix montent de la ville
Tout près des échanges français
ces voix sonnent à mon oreille
Absorbés mes pas se figent
à l'aplomb de deux autres hommes
le dos contre un tronc
parlant de leur visite de l'après-midi
au musée des Offices à Florence
Puis ils babillent sur des glaces
aux goûts fabuleux
Les italiennes ne jurent que par Antoine
rimant l'un et l'autre des conquêtes
qui finiront en défaites
(Une fois encore Cupidon aura trempé
ses flèches dans l'eau de boudin !
Ils se reverront à Lucques)
Pour l'heure seul importe le repos fraternel
dans les frémissements des arbres
Ils se reverront aussi à Livourne
à la fin des ambassades
au temps revenu des embrassades
Après des heures longues
les deux amis se saluent
Ils s'enverront d'ici peu des nouvelles
par mails
et les cyprès pousseront leurs vers au ciel
Je reprends ma marche laissant
Les italiens et italiennes
les français et les françaises
à jamais mélés dans les feuillages
qui ombragent cette terre d'Italie