TPE - SI C'EST UN HOMME
Poème placé en exergue de Si c'est un homme
Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c'est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui ou pour un non.
Considérez si c'est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu'à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N'oubliez pas que cela fut,
Non, ne l'oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre cœur,
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-les à vos enfants,
Ou que votre maison s'écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.
Citation de « SI C’EST UN HOMME »
Et enfin, vous savez que je suis juste de passage, et dans quelques semaines sera sûrement pas une poignée de cendres dans un champ non loin de là, et un nombre record de freshman cochée. Bien que constitué et traîné hors de la foule sans reliques innombrables de leurs semblables, ils souffrent et se traînent dans une terne, la solitude profonde, et la solitude, ils meurent et disparaissent sans laisser de trace dans la mémoire de quelqu'un.
Si c'est un homme (Se questo è un uomo) est un récit autobiographique de Primo Levi, écrit entre décembre 1945 et janvier 1947.
Primo Levi avait été chargé en 1945, avec un autre déporté, de rédiger un rapport technique sur le fonctionnement du camp d'extermination d'Auschwitz pour les Alliés. Ce travail lui servira de base pour la rédaction de Se questo è un uomo. Il lui fut difficile de trouver un éditeur italien. Finalement le livre parut en 1947, publié à 2 500 exemplaires et passa inaperçu. Ce n'est qu'à la publication de son second livre La Trêve (La Tregua), en 1963, que Primo Levi fut remarqué, et que Se questo è un uomo trouva sa place et fut traduit en de nombreuses langues. Ce n'est qu'en 1987 qu'il fut traduit en français
Si c'est un homme raconte l'expérience de son auteur dans le camp d'extermination d' Auschwitz pendant la Seconde Guerre mondiale. Primo Levi explique, à partir de son quotidien dans le camp, la lutte et l'organisation pour la survie des prisonniers. Tout au long de ce récit, il montre les horreurs de la déshumanisation des camps.
Ce livre est considéré comme un des meilleurs témoignages sur la Shoah, car contrairement à d'autres récits, Primo Lévi ne raconte pas la vie des camps de manière linéaire mais l'explique sur un ton neutre et dépassionné presque à la manière d'un sociologue.
L'auteur est arrêté en février 1944, en Italie, alors qu'il débutait des activités de résistant, dans un groupe très peu organisé. Il est déporté à Auschwitz. Ayant échappé de justesse à la sélection qui conduisait à l'élimination pure et simple, il est assigné au camp de Monowitz (Auschwitz III). De son récit se dégagent l'humiliation, la perte de dignité humaine que les nazis ont fait subir aux Juifs.
Il explique le rôle des kapos qui sont en fait bien souvent des prisonniers de droit commun, sélectionnés pour leur violence. Il explique aussi les hiérarchies à l'intérieur du camp, le "système" de promotion interne, les combines et ainsi pourquoi certains prisonniers ont pu survivre au "Lager" plusieurs années alors que la plupart y moururent en quelques mois.
Son témoignage est aussi marqué par cette crainte du froid, la faim tenace, le désintéressement complet des prisonniers pour les plus faibles d'entre eux. Dans le camp, la solidarité était totalement absente.
Heureusement, grâce à sa formation de chimiste et essentiellement à sa chance (selon Primo Levi), il va se trouver une place plus protégée. Malade de la scarlatine à l'évacuation du camp par les nazis, il échappe ainsi aux terribles marches de la mort, et organise avec deux autres camarades encore valides la survie de son « Block » à l'infirmerie, où il passe ses derniers jours avant la libération du camp par les soviétiques
J'ai lu ce livre il n'ya pas longtemps ... j'ai pleuré à la lecture des cruautés qui sont écrites .. J'ai essayé d'imaginer une situation similaire pour essayer de comprendre comment il doit se sentir un homme qui se retrouve sans identité. Il est difficile d'imaginer , trop difficile ... J'ai lu dans une biographie qui recueille des entretiens avec Primo Levi de ses cauchemars. A été marqué à vie par la déportation et chaque nuit, il rêva de la morsure de la faim qui le saisit dans son lit et il a vu les yeux des gens qui passent devant lui, comme il se dirigea vers les fours crématoires. Je comprends encore comment elle peut être à gauche après toutes les preuves, nier le phénomène de l'Holocauste. Pourtant, il y a celui qui nie toujours l'existence des camps d'extermination de masse. Dans les yeux de mon grand-père je peux lire plus de terreur des bombes sonores larguées par l'avion, à travers le témoignage de Primo Levi pour afficher la mélancolie et la solitude qui a été son âme. Toutes les guerres laissent sa marque, chaque épisode est imprégné pour la vie et rien ne peut effacer. Nous, la nouvelle génération de l'avenir, nous devons essayer de se rappeler et porter la mémoire de personnes qui ont raconté à la première personne leurs vicissitudes. Nous devons porter la mémoire de celui qui prendra du temps car il est le seul moyen de les garder en vie ... Le témoignage que nous voulions quitter Primo Levi est en effet un élément fondamental dans la construction d'un fort souvenir que je souhaite transmettre de génération en génération.
MERCI PRIMO LEVI …..