Présentation - Pippo Delbono
Ce mercredi 24 novembre 2010
au Quartz à Brest,
les Premières L du Lycée de l'Iroise
assisteront à la représentation de
Questo buio feroce
de PIPPO DELBONO
Création octobre 2006 - Teatro di Roma.
Questo buio feroce, Pippo Delbono © Gianluigi Di Napoli
“Je regarde la mort et la mort me regarde”
(Pippo Delbono)
"Le spectacle s'ouvre sur un homme squelettique quasiment nu allongé par terre, un masque africain cachant son visage.
La lumière augmente progressivement sur le décor de grands murs blancs, jusqu'à devenir aveuglante.
Puis une infirmière entre, s'assoit dos à la scène et commence à compter Uno, due, tre... Défilent alors en claudiquant des malades, corps estropiés, fauteuil roulant, attèle, vieillard. D'autres victimes viendront encore évoquer le mal physique et moral, parfois en se tordant de douleur.
Sur l'immense scène blanche, les personnages se déplacent au ralenti, mais comme pour mieux faire avancer l'effroi. Questo buio feroce, "Cette obscurité féroce" : cette perspective de la mort qui recouvre tout le spectacle."
Présentation du spectacle par Pippo Delbono :
"Jamais je ne pourrais faire un spectacle qui ne soit pas contaminé par ma vie. je n'en serais pas capable" écrivait Antonin Artaud.
« Une chambre blanche. Vide. Une boîte sans fenêtres. Coups de lumière qui arrivent d’en haut. Les pulsations d’un coeur qui bat fort, toujours plus fort. Et puis disparaît. Des êtres humains qui ne se connaissent pas entre eux. Des aliens.
D’un temps futur et d’un temps passé. Élégants. Avec des costumes antiques et des costumes à la mode. Le visage blanc.
Ils reproduisent des jeux. Des jeux d’adultes. Sadiques. Violents. Crus. Des Êtres Humains. Qui crient. Qui pleurent. Comme des enfants. Inconscients. Perdus. […]
Je veux des gens qui pourchassent la lumière avec moi.
C’est une explosion. Un concert rock. Une catharsis. Une révolte. Casser les murs comme un cri qui déchire la toile […] Lacérés. D’un pays en guerre depuis des années, beaucoup d’années. Depuis toujours. Et les fleurs qui poussent encore de cette chair. Morte. « Pour une minute de vie, pour une minute, voir dans le cerveau des petites fleurs. » Les fleurs rouges, toujours plus de fleurs, toujours plus de blessures. Lumière toujours plus de lumière malgré l’obscurité. « Voir des petites fleurs qui dansent comme des mots dans la bouche d’un muet. » Encore, encore je veux écrire l’amour. »
Présentation en italien :
Source
Présentation par Floriane Gaber :
"C’est un livre autobiographique de Harold Brodkey, l’écrivain anglais mort du sida, qui est à l’origine de Questo buio feroce. Pippo Delbono le découvre lors d’un voyage en Birmanie où le régime en place est loin d’être un champion en matière de démocratie. De cette rencontre détonante, le metteur en scène décidera de dresser une fresque, où la maladie, la mort, mais aussi toutes les misères humaines se côtoient, déclinées sur une gamme hautement chamarrée.
(...)
Paradoxalement, alors que ses autres spectacles recourent généralement aux cris, aux rythmes endiablés, aux douleurs qui frappent comme un coup de poing dans l’estomac, cette dernière création est totalement distanciée. Les scènes, les figures défilent sur l’écran blanc de la scénographie comme en deux dimensions, comme une projection mentale. On reconnaît, ici ou là, des références à des tableaux ou à des gestes visuels célèbres ; citations affirmées, assumées en tant que telles, et ne signifiant que cela. De même pour la bande son, véritable cocktail de musiques de films, jusqu’au kitschissime, mais jamais larmoyant.
(...)
Cette présence, que réclament tous les profs de théâtre et qu’induisent les philosophies orientales, c’est proprement chez les artistes atypiques qui composent la troupe de Delbono qu’elle est la plus éclatante. Lui-même ne cesse de clamer son admiration pour la précision de Bobo, son acolyte rencontré dans l’hôpital psychiatrique où le système le laissait croupir. Si les premiers spectacles mettaient l’accent, avec beaucoup d’amour et de respect, sur leurs différences, les dernières créations tendent à intégrer parfaitement les « oiseaux rares » (au sens de précieux) que sont ces acteurs au parcours différent, social, médical ou mental.
Et de l’aveu des « autres » comédiens eux-mêmes, c’est au contact de ces êtres d’exception qu’ils tirent les meilleures leçons de présence en scène, car Bobo ne joue pas, il est, à chaque seconde.
(...)
Car c’est toujours une véritable leçon de vie que nous donnent Delbono et sa compagnie. Ce qui se vit depuis l’origine dans l’intimité des répétitions et des tournées, cet amour et ce respect qui circulent entre chacun des membres, tout cela éclate aujourd’hui sur scène, et nous éclabousse."
A VENIR :
LES IMPRESSIONS DE SPECTATEUR
DES LYCEENS D'I-VOIX