Poème de Lorenzaccio - Honte
Histoire littéraire
Musset (1810-1857)
Le sonnet "Tristesse" a été découvert un matin de l'année
1840 par un ami de Musset, Alfred Tattet, sur la table de chevet du poète, qui avait hâtivement écrit ces vers sur le papier pendant une insomnie.
Poème d'Afred de Musset : Tristesse
J'ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaieté;
J'ai perdu jusqu'à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.
Quand j'ai connu la Vérité,
J'ai cru que c'était une amie ;
Quand je l'ai comprise et sentie,
J'en étais déjà dégoûté.
Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d'elle
Ici-bas ont tout ignoré.
Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d'avoir quelquefois pleuré.
Histoire littéraire
Lorenzino de Médicis (1514-1548)
Lorenzo a été chassé de Rome à cause de l'histoire des statues abîmées. Dans son poème, qu'il a apellé "Honte", il exprime la honte et la nostalgie, que lui ont apportées son bannissement. Nous remarquons que quelques siècles plus tard, son poème a été honteusement plagié par Alfred de Musset. Sans doute a-t-il retrouvé le texte original de Lorenzo pendant qu'il faisait des recherches pour écrire la célèbre pièce qu'il lui consacrait ?
Poème de Lorenzo de Medicis : Honte
J'ai perdu ma ville et ma vie
Et mes projets et ma gaieté
J'ai perdu jusqu'à la fierté
Depuis la honte me poursuit
Lorsque de Rome on me chassa
J'ai cru que tout était fini
Quand j'appris que j'étais banni
J'en étais déjà dégoûté
A cause de ces statues qu'on dit
Abîmées j'en paie bien le prix
Là les gens ont le dos tourné
Je crie il faut qu'on me réponde
Le seul bien qui me reste au monde
Est d'avoir quelquefois pleuré
