Citation - Seuls
« Mes habits ne sont pas à moi. »
Cette simple phrase, prononcée dans un contexte qui lui donne un sens banal, l’impose pourtant comme une des phrases-clefs de la pièce. Elle traduit tout le mal-être de Harwan, ce sentiment qu’il a d’être un autre. Il est si mal dans sa peau, cette peau qui ne lui appartient pas, qu’il se met à nu.
Cette mise à nu, qui se présente physiquement durant la pièce, prend elle aussi une dimension psychologique. Le personnage (et l’auteur lui-même par le biais de Harwan je pense) se déshabille devant le spectateur.
Mais si on ne porte pas de vêtements, on n’est personne. C’est sûrement cette pensée qui a généré la « crise » finale de Harwan. Pour moi, c’est pour cela qu’il se peint le corps : pour s’habiller, pour retrouver l’identité qu’il a laissée derrière lui, en enfance. C’est pour cela aussi qu’il peint les murs avec lesquels il finit par se cloisonner : il redonne ses couleurs à son for intérieur.
