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Publié par Chloé - Pauline

 

Groupement de textes :

 

L'Italie, berceau de l'humanisme européen

 

http://www.memo.fr/Media/Carte_Humanisme_Renaissance.gif

L'Humanisme et la Renaissance en Europe 
Carte Alain Houot
 
 
LOUISE LABE : Sonnet VIII (1555)
 

PETRARQUE-Sonnet-134.jpg

 

Je vis, je meurs : je me brûle et me noie,
J’ai chaud extrême en endurant froidure ;
La vie m’est et trop molle et trop dure,
J’ai grands ennuis entremêlés de joie.

 

Tout en un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j’endure,
Mon bien s’en va, et à jamais il dure,
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

 

Ainsi Amour inconstamment me mène
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

 

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être en haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

bbbbbb
b
LOUISE LABE, Sonnets, VIII

 

 

Présentation

 

Je vis, je meurs est un sonnet régulier (même si on observe des décasyllabes dans chaque strophe, à l'époque la règle d'utiliser l'alexandrin n'était pas encore appliqué) écrit par Louise Labé au XVIème siècle. Ce poème est un poème lyrique en effet, Louise Labé y décrit les joies du sentiment amoureux mais il est également élégiaque (poème lyrique qui exprime la tristesse). Cette poétesse reçoit une éducation exceptionnelle, pour une femme du peuple à cette époque. Elle va travailler au côté de nombreux poètes comme : Maurice Scève ou encore Pernette du Guillet. Elle écrit de textes en prose intitulée Le débat de folie et d'amour, trois élégies et vingt quatre sonnets dont Je vis, je meurs, de plus ce poème est le plus célèbre de tous. Louise Labé disparaît en 1566 et est considérée comme une des premières féministes françaises.

 

Introduction

 

Louise Labé met en évidence sa passion pour l'amour dans ce poème. Nous pouvons observer la joie et la douleur de ce sentiment. A seize ans, la poétesse tombe amoureuse de Olivier de Magny (ami de Du Bellay) cet amour qui sera malheureux et qui sera donc à l'origine de beaucoup de poèmes. Nous allons chercher à comprendre comment Louise Labé exprime son désir amoureux.

Tout d'abord nous allons étudier la confusion amoureuse qui émerge du poème, puis l'emprise de l'amour sur sa vie. Pour terminer, nous conclurons avec l'opposition du poème de Pétrarque avec celui de Louise Labé.

 

I- La confusion amoureuse

 

a) Forme du sonnet

 

C'est un sonnet formé de deux quatrains et de deux tercets, dans les quatrains les rimes sont embrassés, dans le premier tercet les rimes sont croisés et dans le dernier tercet les rimes sont plates, c'est ce que l'on appelle un sonnet régulier. Nous observons que le poème est formé de décasyllabes. Nous remarquons aussi, que la poétesse utilise beaucoup d'allitérations telles que : «J'ai chaud extrême en endurant froidure;» (v.2) ou «Et en plaisir maint grief tourment j'endure;» (v.6). Le poème est construit avec une énumération d'adjectif qualificatif évoquant des conditions physiques et psychologiques tels que «je ris et je larmoie» (v.5) ; «La vie m'est et trop molle et trop dure» (v.3) ou «je me brûle et me noie» (v.1). De plus, deux partis distinct se détache dans ce poème, les deux premiers quatrains puis grâce à la conjonction de coordinations «Ainsi» (v.9) les deux tercets, «Ainsi» est mis en valeur, il fait la conclusion des deux quatrains qui eux accumulent les états de l'amour.

 

b) Opposition flagrante

 

Nous avons noté dans ce poème de nombreux rejet et contre rejet, qui montre la confusion de la jeune femme par rapport au sentiment amoureux. Nous pouvons souligner plusieurs oppositions tout au long du poème. En effet le titre nous annonce la couleur du poème «Je vis, je meurs» et comme dans les mots et expressions si contre : «Je me brûle et me noie» (v.1), «J'ai grands ennuis entremêlés de joie» (v.4), «je sèche et je verdoie» (v.8) et pour finir le poème «Et être au haut de mon désiré heur Il me remet en mon premier malheur» (v. 13 et 14).

 

c) Coloration sentimentale

 

Louise Labé exprime le sentiment contradictoire de l'amour. On ressent dans son poème un certain désordre, l'auteur exprime autant le bonheur et la douleur que provoque le sentiment amoureux. De plus les procédés stylistiques souligne l'ambiguïté de l'état amoureux et du pouvoir de l'amour. Le lecteur peut être touché, ému par cette souffrance au point même de pouvoir s'y identifié. Une signification psychologique se détache nettement du poème, la vision de la passion est mise en valeur et non de la raison.

 

II- Le pouvoir de l'amour

 

a) Vision de l'amour

 

L'amour est vue à partir de deux extrêmes: Le bonheur et le malheur. Ces deux extrêmes sont marqués par des hyperboles. «Amour» (v.9) est personnifié par la majuscule cependant il est impersonnel. La femme dépend de cette amour, «Ainsi Amour inconstamment me mène» (.9) elle subit plus qu'elle ne le choisit. Cet amour est cyclique «Et être au haut de mon désiré heur/ Il me remet en mon premier malheur» (v.13 et 14) lorsqu'elle pense être enfin heureuse, cela recommence. Enfin on peut également remarqué qu'a travers les paroles du poème se dégage selon les antithèses, la vitesse ou la lenteur comme vers 1 «meurs» et «noie» ; vers 4 «ennuis» ou encore vers 8 «sèche» ou l'on observe plutôt un mouvement lent, monotone. Alors que les termes «vis» et «brûle» vers 1 ; «joie» vers 4 et aussi «verdoie» fait référence à la vitesse, la vivacité, une explosion,

 

b) Victime de l'amour

 

Le poème étant lyrique, il exprime de nombreux sentiments personnels, en effet, la 1ère personne du singulier est constamment utilisée. On observe aussi de nombreuses expressions négatives, ce qui rend désastreux le sentiment qu'elle veut éprouver. C'est donc cet ensemble d'expression et de termes qui nous fait ressentir que la poétesse est la victime de cet amour. Ce qui est atypique dans ce poème, c'est qu'en aucun cas l'emploi de la seconde personne est utilisée, donc celui qui provoque la passion est absent du poème, l'amour ce joue donc autant du personnage que de l'homme. C'est un poème très personnel mais ce sentiment est universel.

 

 

Conclusion :

 

Tout d'abord, Louise Labé est influencée par de nombreux poètes antiques, dont Pétrarque. Le poème «Chansonnier» est en de nombreux points similaire à «Je vis, je meurs» autant dans le fond que dans la forme. Ensuite, le poème de Louise Labé repose fortement sur le lyrisme et est d'autre part élégiaque. Par ailleurs, elle exprime un sentiment personnel mais aussi universel qui est celui de l'amour ! De nombreuses antithèses viennent porter à confusion ce qu'elle souhaite exprimer, Louise Labé se contredit tout au long du poème à cause de son amour heureux et malheureux en même temps.

 

 

http://epigramme.fr/wp-content/uploads/2010/12/louise-labe.jpgLouise Labé

 

#Humanisme, #Louise Labé, #PETRARQUE