Histoire culturelle - Les liaisons dangereuses.
LE LIBERTINAGE
La liberté, première valeur défendue par la devise de la Révolution française, a toujours été le mot d’ordre des hommes sans foi ni loi des XVIIe et XVIIIe siècles, appelés « libertins ». Ces individus, qui contestent la morale et dogme judéo-chrétien, revendiquent la liberté de penser, d’agir et d’aimer, afin d’épouser une philosophie de vie qui deviendra, au fil du temps, synonyme de licence sexuelle.
Venu du latin « libertinus », qui signifie « affranchi », le
mot « libertin » apparaît au XVIe siècle pour désigner tous ceux qui sont jugés hérétiques, c’est-à-dire voués aux cultes de la Nature et du matérialisme. S’il appartient d’abord à la Renaissance
de baptiser ces marginaux, ce n’est pas par hasard. Avec ses nombreuses découvertes, ses réformes, et ses guerres de religion, toute l’époque trace la voie de la crise de conscience qui s’impose
à l’«âge d’or» du courant libertin : le XVIIe siècle. En effet, ce siècle connait des « esprits forts » qui, non seulement remettent en question l’ensemble des certitudes établies, mais
contestent le système, considéré comme une entrave à la libre pensée religieuse, morale, sociale et politique, comme Cyrano de Bergerac, Théophile de Viau, ou encore Molière, à travers sa plus
célèbre pièce, Dom Juan :
« Songez que la nature est tout ce
qui nous mène
Que, malgré la raison, son pouvoir
nous entraîne
Que le crime n'est pas si grand
qu'on nous le fait
Que tous ces châtiments, dont vous
prêchez l'effet
Ne sont bons à prôner qu'à des âmes
timides
Que l'on ne doit souffrir rien que
ses sens pour guides
Qu'il faut assouvir jusqu'aux
moindres désirs
Et n'avoir point d'égard qu'à ses
propres plaisirs. »