Arts - Littérature : Arlequin et Gulliver
Arlequin Sauvage est une pièce écrite en 1721 par Louis-François Delisle de la Drevetière, auteur français né en 1682 dans le Dauphiné et mort en 1756.
Elle décrit l'arrivée à Marseille de Lelio, italien d'origine, et d'Arlequin, un « sauvage » américain dont l'européen veut voir la « nature toute simple opposée (…) aux lois, aux arts et aux sciences ». Arlequin découvre des usages qui lui sont tout à fait inconnues et se trouve bien vite dépourvu face à une société qu'il va apprendre à connaître, et critiquer.
Sans aucun doute, cette histoire est un parallèle avec l'Ingénu de Voltaire. On trouve dans l'Arlequin une romance entre trois protagonistes : Lelio, Mario et Flaminia, tout comme dans l'Ingénu avec Hercule, Mademoiselle de Saint-Yves et Saint-Pouange. Puis cette ressemblance transparaît aussi dans le thème principal commun à l'Ingénu et l'Arlequin Sauvage : l'arrivée d'un étranger de la culture européenne, puis son initiation aux mœurs locaux.
Voilà donc des œuvres qui entrent en résonance à travers les générations et participent toutes les deux au mythe du « bon sauvage ».
Les Voyages de Gulliver est un roman satirique écrit en 1721 et paru en 1726 (version censurée) par Jonathan Swift, auteur irlandais misanthrope d'origine anglaise né en 1667 et mort en 1745.
L'histoire est celle de Gulliver, chirurgien de bord, qui, lors de quatre voyages, découvre des îles et des pays surprenants par leurs habitants et leur mode de vie. Ainsi, il visite tour à tour l'île des Lilliputiens, peuplée d'habitants minuscules ; le Brobdingnag, pays habité par des géants ; la cité volante Laputa abritant des scientifiques farfelus ; puis l'île de Glubbdubdrid, occupée, elle, par des magiciens ; vient ensuite l'île de Luggnagg dont les habitants sont désespérés d'être condamnés à l'immortalité ; et enfin, le pays des Houyhnhnms, créatures chevalines, véritables allégories de la sagesse et de la beauté régnant sur des créatures dégénérées à apparence humaine : les Yahoos. Après un voyage mouvementé, Gulliver finit par rentrer en Angleterre une fois pour toutes.
Ici, on retrouve une situation à l'inverse de l'Ingénu : il s'agit d'un européen visitant des contrées étrangères. Le héros découvre des manières de penser, des cultures, des mondes, des faunes et des flores même, totalement différentes de celles qu'il connaît. Celui qui se retrouve perdu dans l'inconnu n'est plus le "sauvage" mais le "civilisé".
Le but des deux ouvrages reste toutefois le même, il s'agit d'amener le héros et, plus particulièrement, le lecteur à réfléchir sur la vie qu'il mène, sur le bien-fondé de sa société.