Apartés - Le Jeu de l'amour et du hasard, III, 1
DORANTE, ARLEQUIN
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ARLEQUIN
Hélas, Monsieur, mon très honoré maître, je vous en conjure.
DORANTE
Encore ? (à part) Que ce faquin fait preuve de coeur, je ne puis pourtant m'y résigner car je suis coupable et de même faute, je me dois de m'arranger
une solution.
ARLEQUIN
Ayez compassion de ma bonne aventure, ne portez point guignon à mon bonheur qui va son train si rondement, ne lui fermez point le passage.
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ARLEQUIN
Coquin est encore bon, il me convient aussi : un maraud n'est point déshonoré d'être appelé coquin ; mais un coquin peut faire un bon mariage.
DORANTE
( à part) Si l'honneur lui prend ici, je peux lui trouver un point de fuite.
( Haut ) Comment insolent, tu veux que je laisse un honnête homme dans l'erreur, et que je souffre que tu épouses sa fille sous mon nom ? écoute, si tu me
parles encore de cette impertinence-là, dès que j'aurai averti Monsieur Orgon de ce que tu es, je te chasse, entends-tu ?
ARLEQUIN
Accommodons-nous : cette demoiselle m'adore, elle m'idolâtre ; si je lui dis mon état de valet, et que nonobstant, son tendre coeur soit toujours friand
de la noce avec moi, ne laisserez-vous pas jouer les violons ?
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