Aparté - Le jeu de l'amour et du hasard, II, 11
Acte II, Scène 11
Monsieur Orgon
Gardez-vous-en bien, ma fille ; je viens ici pour vous le recommander. Puisque j'ai eu la complaisance de vous permettre votre déguisement, il faut, s'il vous plaît, que vous ayez celle de suspendre votre jugement sur Dorante, et de voir si l'aversion qu'on vous a donnée pour lui est légitime.
Silvia, à part
Le malheur qui m'accable est sans pareil. Glissée dans un habit de suivante je dois dépasser mon aversion pour cet homme, si désagréable et peu aimable qu'il soit. Je ne consens pas à continuer cette entreprise, mais mon père, qui d'habitude est si compréhensif me pousse à le côtoyer pour le connaître mieux. Je n'y tiens plus ! (Haut) Vous ne m'écoutez donc point, mon père ? Je vous dis qu'on ne me l'a point donnée.
Mario
Quoi ! ce babillard qui vient de sortir ne t'a pas un peu dégoûtée de lui ?