Incipit autobiographique - Le temps de l'insouciance...
C'était une de ces rares journées chaude et sèche en Bretagne . Ces jours où pas le moindre petit courant d'air ne vient vous souffler au visage, ces jours qui vous paraissent interminablement longs .
Je me souviens de la toute nouvelle voiture noire format familial, qui nous emmena au bord de la mer.
C'était les grandes vacances.
Je me disputaisi avec ma soeur, pour le choix de la musique. Ma mère, alors, prit la décision d'éteindre l'autoradio. Puis d'un ton sec et calme, elle ajouta:
" Les filles , on pense vendre la maison "
Je retombe lasse dans mon siège , avais-je bien entendu. Ma gorge est serrée, les larmes ne viennent pas. L'ambiance chaleureuse qui régnait fut en une seule phrase balayée par un vent glacial.
La maison, Ma maison, mon espace, mes repères. Celle où j'ai grandi, joué, ri, pleuré tant de fois .
J'avais l'impression qu'on me volait une partie de mon enfance. Je me sens alors perdue, vide de sens .
Sans cette maison, ce sont mes souvenirs qui sombreront dans l'oubli .
La page de l'enfance s'est alors tournée ...