Incipit Autobiographique - "Je savais pas"
Je suis un jeune homme qui a bientôt dix-sept ans, toutes ses dents (désormais au bon endroit) et apparemment comme « tout le monde ». Mais chacun se détache du lot d’une façon ou d’une autre, et je crois avoir fait un bout de chemin de ce côté-là.
Je suis donc une personne de taille moyenne, dont l’indice de masse corporelle n’est ni trop bas, ni trop élevé. Je suis donc situé dans la « norme ». Mon tour de tête est assez grand, ce qui me « handicape » pour porter certains genre de chapeaux, casquettes, mais je m’en sort plutôt bien, l’idée d’avoir une grosse tête me paraît plus risible qu’handicapante.
Le corps décrit ci-dessus, avec qui je suis intimement, sinon fusionnellement relié, a vu le jour dans une ville du Sud-Ouest de la France. Je n’étais apparemment pas le seul dans mon cas, mais nous n’étions pas en majorité, je l’ai su par la suite, en découvrant que la moyenne d’âge devait frôler plutôt les soixante ans que les vingt.
Ce jour la est le début officiel de ma vie. La vie que je vis désormais commença quelques jours suivant mon cinquième anniversaire. Ma « seconde vie » (j’en ai eu qu’une, mais on peut le considérer ainsi) débuta par une phrase, dite avec émotion et en quelque sorte de pitié : « Papa est parti. ». Phrase qui précéda un bref « ah bon,je savais pas que c’était aujourd’hui », avant de retourner jouer au sable le plus naturellement du monde en disant à une amie de ma sœur « ça y’est, c’est fini ».
Ensuite les souvenirs me semblent lointains. Un déménagement. Un changement d’école. Un changement d’amis.
Puis un an plus tard, un autre déménagement. C’est ici que j’habite toujours. Mes amis sont restés les mêmes.
J’ai donc beaucoup de souvenirs dans cette maison, dans cette ville. Tous mes repères sont ici. Du moins la plupart.
La « seconde vie » qui « débuta » après mes cinq ans est due à ces changements. Elle est ces changements.
J’ai grandi dans différentes villes, le travail de mon père étant sans cesse déplacé, ma famille et moi étions obligés de nous « déplacer » aussi. J’ai majoritairement vécu en Bretagne. Je n’ai pas de souvenirs de ma vie dans le Sud-Ouest. La plupart de mes souvenirs sont donc ancrés dans les recoins de mon habitation, de cette ville, de cette région…
Je ne sais de ce fait par où commencer. Les souvenirs de mon père ? Ils sont peu, brefs, mais pourtant bien présents. La connaissance de mes amis ? Présenter mon caractère, ce (et ceux ?) que j’aime ?