Lettre - Marie Soderini à Lorenzaccio de Médicis
À mon fils que je puis plus en ce jour appeller cher, Lorenzo, je pense que tu sais toute la peine que tu me fais, j'ai parfois l'impression que tu va me tuer !
Je n'arrive pas à comprendre comment tu en es arrivé là car le souvenir du jeune homme attentionné que tu etais auparavant reste en moi comme si c'était hier. Alors que ce n'est plus qu'un lointain souvenir qui n'a plus rien avoir avec l'homme que tu es maintenant. En effet, tellement les différences sont flagrantes on dirait deux personnes distinctes. Ah mon fils, si j'avais su ce que tu allais devenir et ce que tu ferais endurer à notre chère et belle ville de Florence il aurait mieux vallu que je te tue à la naissance ! Et pourtant, pour qu'une mère y pense, que l'idée lui traverse l'esprit, il faut vraiment qu'elle soit hantée par la honte, le désespoir, le malheur !
Enfin, toutes tes horreurs deviennent habituelles, tous ces gens qui souhaitent ta mort plus que tous aussi (ce qui de toute manière est justifié ) et je croyais donc avoir déjà entendu, subi le pire ! Mais non, oublierais-je qui est mon fils, quand c'est pour rendre malade de tristesse sa pauvre mère, Lorenzaccio de Médicis s'y connaît et peut toujours faire mieux !
Comme tu le sais, je suppose (et aucun de tes mensonges ne me trompera), ta tante, et ma soeur, la douce Catherine Ginori a reçu un billet immoral du duc Alexandre de Médicis ! Comment as-tu pus lui parler d'elle ? Rien n'est donc sacré pour toi , même la famille ? Ah je t'en supplie, aie pitié de moi, et s'il reste un peu du fils que j'ai connu, sauve ma bonne Catherine des mains du duc !
Adieu, avec toutes mes supplications et l'amour que j'avais pour toi.
Ta mère, Marie Soderini

