Didascalies - Le Jeu de l'amour et du hasard, II, 13
Acte II scène 13
Mario entre avec un demi sourire. Il est drapé d'un grand manteau avec lequel il joue pour dissimuler son visage le temps de quelques sourires fugaces.
Je viens te retrouver, ma sœur. Nous t’avons laissée dans des inquiétudes qui me touchent ; je veux t’en tirer, écoute-moi.
Silvia se retourne vers lui visiblement trop absorbée dans ses pensées pour remarquer son air badin.
Ah vraiment, mon frère, il y a bien d’autres nouvelles !
Qu’est-ce que c’est ?
Ce n’est point Bourguignon, mon frère ; c’est Dorante.
Mario sursaute. Il feint d'être surpris, puis se cachant derrière son manteau éclate de rire et cabriole autours de sa soeur qui le regarde, surprise.
Duquel parlez-vous donc ?
De lui, vous dis-je ; je viens de l’apprendre tout à l’heure. Il sort ; il me l’a dit lui-même.
Qui donc ?
Vous ne m’entendez donc pas ?
Mario s'effondre en arrière comme frappé par le regard de sa soeur.
Si j’y comprends rien, je veux mourir.
Venez, sortons d’ici ; allons trouver mon père, il faut qu’il le sache. J’aurai besoin de vous aussi, mon frère. Il me vient de nouvelles idées ; il faudra feindre de m’aimer. Vous en avez déjà dit quelque chose en badinant ; mais surtout gardez bien le secret, je vous en prie…
Mario laisse sa soeur sortir et éclate de rire, il cabriole en tout sens puis trébuche sur son manteau.
Oh ! je le garderai bien, car je ne sais ce que c’est.
Silvia revient à grands pas, impatientée.
Allons, mon frère, venez ; ne perdons point de temps. Il n’est jamais rien arrivé d’égal à cela.
Je prie le ciel qu’elle n’extravague pas.
