Sentiments - iShow
Cet article est peut-être un peu long ; alors, pour les gens pressés, lisez au moins la partie finale, il s'agit du vrai message que je souhaite faire passer, de ce que j'ai vraiment retenu du spectacle.
Question sentiments (ou plutôt émotions), le spectacle iShow nous en fait voir de toutes les couleurs ! On passe réellement et sans transition du rire aux larmes.
Le rire, lorsque la troupe s'amuse à reconstituer Imagine de John Lennon avec des dizaines de petits bouts de vidéos et d'images assemblées, parmi lesquelles un Dark Vador qui danse, une chèvre qui bêle une note, le premier ministre canadien Stephen Harper gentillement moqué, et j'en passe.
Les larmes, toutes proches, lorsque le visage d'une des comédiennes de la troupe s'affiche sur l'écran géant, via Skype, et nous assure qu'elle est désolée de ne pas pouvoir être avec nous ce soir : son père vient d'avoir un accident cardio-vasculaire et elle a dû retourner au Canada. Elle nous raconte alors de façon très touchante le meilleur souvenir qu'elle a de son père, illustrant sa petite histoire en faisant des gâteaux tous poudrés de farine puis de petites guimauves, puis met son histoire au four.
Un sentiment de confusion lorsqu'une comédienne commence à chanter : "C'est vraiment fun que tu sois là ; la troupe se dirige droit vers un spectateur. Puis
Le rire, encore, lorsqu'un homme inconnu prend part au show grâce à Chatroulette pour déclamer des répliques de Cyrano de Bergerac. L'intonation maladroite de ce Christian improvisé nous fait sourire quand il lit les phrases soufflées par la troupe, relayé par une comédienne jouant Roxane.
Le malaise, et l'émotion, lorsque défilent sur l'écran des SMS échangés entre "Julie" et "Maman" lors de la tuerie , avec au centre une vue Google Earth de l’île d'Utoeya, où est prisonnière la jeune fille.
Le rire de nouveau, lorsque les personnes rencontrées sur Chatroulette se rendent compte qu'elles sont vues par un public entier. Leurs yeux exorbités trahissent leur surprise.
Le sentiment confus d'avoir été dupé, une étrange incertitude, lorsque la comédienne supposée être au Canada arrive sur la scène avec ses gâteaux, tout en parlant par Skype avec ses acolytes grâce à l'ordianteur portable qu'elle tient à bout de bras, sans se soucier un instant du public, disparaissant ensuite sans explication.
Un malaise angoissant lorsqu'un des membres de la troupe annonce qu'il a sur son ordinateur une vidéo prête à être visionnée, celle d'un sinistre personnage découpant sa victime en morceaux. Le soulagement, bref, quand il précise qu'elle ne sera pas projetée. Et puis le malaise, encore une fois, grandissant, lorsque toutes les personnes présentes se dévissent le cou pour scruter ses voisins après la troisième annonce du comédien : chaque personne du public est libre de venir regarder cette vidéo. Et lorsque quelqu'un se lève, les coeurs se serrent, le dégoût, s'insinue dans les esprits, tandis qu'est projeté sur l'écran le visage de celui qui regarde. Nous voilà transformés une fois de plus en voyeurs...
Le rire, franchement hilare, lorsque les comédiens lisent des status Facebook ou des tweets de personnes présentes dans la salle, ou du moins les concernant, et que le premier lu concerne MLB... !
Une douce liesse, presque de la gratitude, un sourire qui se dessine lorsqu'une des comédiennes envoie comme message à un internaute via Chatroulette et parlant du public : "J'espère qu'un jour j'aurais quelque chose de grand à leur dire".
Voilà rapidemment la palette d'émotions par laquelle nous sommes - je suis - passés lors de ce show hors du commun. Mais une scène m'a particulièrement frappée. Une scène m'a donné l'impression de comprendre ce que cette troupe faisait : celle-ci.
(cliquez sur le lien pour voir un extrait de la scène)

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