Variante - Louise Labé : sonnet 4
En 1555, l’imprimeur Jean de Tournes publie à Lyon un recueil des Œuvres de Louise Labé.
En 2015, les lycéens d’i-voix découvrent à Brest un manuscrit ignoré : les Sonnets de Louise Labé écrits de la main de la Belle Cordière elle-même !
Or ce manuscrit présente d’intéressantes variantes par rapport au recueil alors publié.
Voici ces variantes enfin révélées, avec annotations par les lycéens eux-mêmes !
Sonnet (1555)
Depuis qu'Amour cruel empoisonna
Premièrement de son feu ma poitrine,
Toujours brûlai de sa fureur divine,
Qui un seul jour mon coeur n'abandonna.
Quelque travail, dont assez me donna,
Quelque menace et prochaine ruine,
Quelque penser de mort qui tout termine,
De rien mon coeur ardent ne s'étonna.
Tant plus qu'Amour nous vient fort assaillir,
Plus il nous fait nos forces recueillir,
Et toujours frais en ses combats fait être ;
Mais ce n'est pas qu'en rien nous favorise,
Cil qui les Dieux et les hommes méprise,
Mais pour plus fort contre les forts paraître.
Variante retrouvée
Depuis qu'Amour cruel empoisonna
Premièrement de son feu ma poitrine,
Toujours brûlai de colère1 divine,
Qui un seul jour mon coeur n'abandonna.
Quelque travail, dont assez me donna,
Quelque danger2 et prochaine ruine,
Quelque penser de mort qui tout termine,
De rien mon coeur actif3 ne s'étonna.
Tant plus qu'Amour nous vient fort accabler4,
Plus il nous fait nos forces assembler5,
Et imbriquer, forces qui la font naître6 ;
Mais ce n'est pas qu'en rien nous favorise,
Cil qui les Dieux et les hommes méprise,
Mais pour plus fort contre les forts paraître.




