Décor - Le Prince
Le décor de la pièce, à première vue simple et sobre, sert en fait au moins une des idées du metteur en scène, Laurent Gutmann.
Ce décor, ressemblant à une salle de réunion, se compose de placo, de vitres donnant sur un petit couloir, et est éclairé par des néons. La moitié arrière d'une Peugeot 607 bleue, figurant le carosse princier, trône dans un coin de la scène. Un long tapis rouge se déroule de la portière jusqu'au public, qui jouera, le temps du spectacle, le rôle du peuple.
Dans le coin opposé, une table et des chaises pliantes. La première supporte entre autre des tasses, une cafetière, une galette des rois et une corbeille à bonbons, tandis que les secondes supportent les acteurs habillés de façon très moderne (excepté Luc-Antoine Diquéro qui campe Machiavel lui-même), qui d'un tailleur stricte, qui d'un costume cravate. Ce décor, loin des dorures de Florence, est volontairement moderne, nous faisant presque oublier que cinq siècles nous séparent de Machiavel et donc de son Prince.
Tout est fait pour que le spectateur ressente le moins possible cet éloignement temporel, jusque dans le choix des accessoires : les pistolets à laser semblables à des jouets d'enfants, les gilets pare-balles s'illuminant comme lors d'une partie de laser game et même les pancartes revendicatrices, porteuses de slogans qui nous sont familiers. Tous ces éléments tendent à nous montrer que la pensée de Machiavel est toujours terriblement actuelle, voire moderne. Notre rapport au pouvoir serait-il donc à ce point intemporel ?

