Réécriture - Notre monde
Notre monde
Il y a le rouge des roses
Il y a la passion qui s’est fraîchement éclose
Il y a l’amour terrassant la haine en apothéose
Mais il n’y a pas eu et il n’y aura jamais plus de sang
Il y a l’orangé des clémentines
Il y a la chance et la félicité qui s'enracinent
Il y a la vitalité embrasant nos cœurs d’adrénaline
Mais il n’y a pas eu et il n’y aura jamais plus d’incendie
Il y a le jaune du soleil
Il y a la lumière irradiant l’ombre sans pareil
Il y a l'euphorie qui embaume l’air de merveilles
Mais il n’y a pas eu et il n’y aura jamais plus de désert
Il y a le vert de Mère Nature
Il y a la vie respirant à nouveau un air pur
Il y a l’espoir déjà comblé qui ne craint plus le futur
Mais il n’y a pas eu et il n’y aura jamais plus d'ouragan
Il y a le turquoise de l’océan
Il y a l’équilibre qui unit les flots et le vent
Il y a l’éternelle pureté aquatique offrant l’apaisement
Mais il n’y a pas eu et il n’y aura jamais plus de maelström
Il y a le bleu du ciel
Il y a le temps demeurant superficiel
Il y a la paix qui succède à l’orage torrentiel
Mais il n’y a pas eu et il n’y aura jamais plus de grêle
Il y a l’indigo de la nuit tombée
Il y a les étoiles narrant des épopées
Il y a la lune qui se lève sous la Voie Lactée
Mais il n’y a pas eu et il n’y aura jamais plus de pénombre
Il y a l’améthyste du crépuscule
Il y a les rêves qui copulent tels les libellules
Il y a le nouveau jour annonçant le préambule
Mais il n’y a pas eu et il n’y aura jamais plus de néant
Il y a juste le bonheur
Et rien d’autre au monde.
Je vous éclaire rapidement sur quelques-uns de mes raisonnements farfelus, j’en oublierai certainement mais l’essentiel est là, je crois.
- Alors premier point, les couleurs. Elles répondent chacune à une symbolique (j’ai passé des heures et des heures à faire des recherches là-dessus…), et j’y ai ajouté un élément concret positif (celui du premier vers) et un négatif (celui du dernier vers) qui est de la même couleur ou s’en rapproche (ouais ouais je sais pour l’ouragan tout le monde me dit que c’est pas vert mais bon moi j’ai décidé que si parce que ça m’arrange bien) qui s’opposent généralement par leurs significations et autres.
- Je me suis arrangée pour que les vers forment des escaliers dont la 1ère marche est quelque chose de négatif, qu’il a fallu écraser pour atteindre le sommet.
- Chaque strophe se compose d’un rythme ternaire du point de vue des rimes et des anaphores (ainsi que des temps, les trois premiers étant au présent et l’autre au passé, un passé révolu qui n’a d’ailleurs jamais existé) auquel s’ajoute un vers solitaire qui représente à lui tout seul l’inharmonie de ce qui le compose (qui est toujours au singulier pour montrer son infériorité), et l’incompatibilité avec les autres vers, et donc leur contenu.
- J’ai essayé d’alterner les « qui » et les participes présents dans les vers du milieu, mais ça n’a pas vraiment de but, à part montrer qu’ils sont équivalents.
- Oh et une petite explication vite faire pour les clémentines parce que leur histoire est peu connue : c’est un fruit hybride né du croisement de la mandarine (symbole de chance en Chine) et d’une orange amère (symbole de bonheur dans le même pays), autant que l’orangé est une couleur hybride, qui symbolise la vitalité. Je l’ai mise là pour symboliser le métissage en général.
- Elément qui doit paraître étrange, j’ai ajouté une couleur, le turquoise (bon l’améthyste n’est pas non plus la « véritable » 7ème couleur mais c’est celle que je veux y voir (d’ailleurs tant qu’on y est, un petit point culture rapide : l’indigo n’est pas visible dans l’arc-en-ciel, c’est un peu une illusion d’optique si j’ai bien compris… J’aurais appris quelque chose à force de recherches mais au fond, quelle importance ? C’est ce qui m’a poussée à ajouter le turquoise, qui pour moi fait autant partie de l’arc-en-ciel que l’indigo)) parce que c’est une des couleurs préférées de la demoiselle et qu’elle représente énormément de choses pour elle. Donc c’est un clin d’œil, mais aussi la solution à des heures de réflexions intensives sur la volonté d’intégrer l’océan sans savoir vraiment quelle couleur lui attribuer…
- Ainsi, on arrive à 9 strophes (son chiffre préféré (oui oui bientôt vous saurez tout sur elle XD)), la dernière étant plus courte car elle se suffit à elle-même, je crois que j’aurais eu tort de la rallonger.
- Il y a en tout 34 vers. Apparemment ce nombre symbolise la puissance de la réalisation humaine. Ce n’était pas voulu le moins du monde. Mais c’est un joli hasard, non ?
- Et pour finir, toujours le point (c’est le cas de le dire…) qui me pose le plus de problème : la ponctuation. Je ne connais pas du tout les règles en la matière concernant la poésie, et de toute façon, la plupart des règles sont à mon avis faites pour être brisées. Spontanément, je ne ponctue pas mes poèmes, ce n’est qu’après coup que je me pose la question de savoir s’ils ne manquent pas de ponctuation. Les virgules auraient pu symboliser les gouttes de pluie qui perlent sur l’arc-en-ciel, mais je le trouve bien comme ça. Concernant les points, j’ai décidé d’en mettre, mais un seul, à la toute fin. Les couleurs peuvent ainsi se mêler, mais pas s’évaporer. C’est aussi pour mettre un point final à ce monde qui dure depuis trop longtemps. Mon point affirme que oui, c’est bel et bien fini, et que le renouveau commence, un point c’est tout.
Comme vous le savez, ce poème a vu le jour il y a environ un mois, pendant l’épreuve de français du dernier bac blanc. Après quelques minutes d’évasion de réflexion intense, l’idée d’écrire ce message à l’une des personnes les plus chères à mon cœur est arrivée très vite, sûrement en même temps que celle de décrire un monde parfait ; celui qui nous attend. Parfois, la confiance lui manque. C’est la raison de cet arc-en-ciel. Je voulais la persuader d’y croire à nouveau, puisqu’elle m’a elle-même réinsufflé la vie, l’espoir, et les rêves que j’avais égarés.
Merci du fond du cœur, Isa.
Hypotextes : Rimbaud - Apollinaire - Guillevic - Aragon