Poème en couleurs - Oliver Cousin
Les tours de la ville vacillent dans la lumière
Un chemin m’éloigne dans les collines
plantées d’arbres verts et cendre
Des voix montrent l’oliveraie
Deux hommes trop loin
dont l’italien s’échange à pleines mains
Récoltant qui jaugent la taille des fruits ?
Je ferme les yeux à la poudre du chemin
Des voix montent de l’oliveraie
Tout près des échanges français
cette fois sonnent à mon oreille
Absorbés mes pas se figent
à l’aplomb de deux autres hommes
le dos come un tronc
Parlant de leur visite du matin
à l’atelier de Bronzino à Florence
Puis ils babillent sur des femmes
Joachim encense Faustine
Olivier ne jure que par Antonine
rimant l'un et l'autre des conquêtes
qui finiront en défaites
(Une fois encore Cupidon aura trempé
ses flèches dans l'eau de boudin !
Ils se reverront à Rome
et règleront son compte à ce sale gosse ailé)
Pour l'heure seul importe le repos fraternel
dans les frémissements des oliviers
Ils se reverront aussi à Paris
à la fin des embrassades
Après des heures loquaces
les deux poètes secrétaires se saluent
Ils s'enverront d'ici peu des nouvelles
par sonnets interposés
et les cyprès pousseront leurs vers au ciel
Je reprends ma marche laissant
Joachim du Bellay et Olivier de Magny
à jamais mêlés dans les feuillages
qui ombragent cette terre d'Italie