Poème en couleurs - Antoine Emaz
Jardin dune (12.08.05)
l'été
la lumière sur les volets blancs
la lavande
tout est sec
la mince couche de terre
retourne sable
gris comme sel
Un peu de vent
pas assez pour fraîchir
fraîchir
dit le mot bascule d'une connexion très vite de
ce qui est à ce qui a été écrit ou dit à partir de
ce mot un découplage un virement de bord dans
la langue le mot raisonne dans son épaisseur
de pages lues compact et diffracté comme s'il
faisait retour sans cesse ricochant
fraîchir
deux syllabes que l'on ne maîtrise plus
elles sont sur leur erre dans la langue
sans plus de rapport avec la peau
acacias et pins
leurs balancements verts
leur calme très loin
et là
bleu comme ciel l'été
et l'après-midi lent
rien n'empêche de penser
à cette femme qui campe
devant un ranch texan
parce que son fils est mort
et qu'elle ne comprend pas
la « noble cause »
tout
est
en même temps


