Jeux oulipiens: Parodie- Le Lièvre et la Tortue
Le Lièvre et la Tortue
Rien ne sert de courir; il faut partir à point :
Le lièvre et la tortue en sont un témoignage.
«Gageons, dit celle-ci, que vous n'atteindrez point
Sitôt que moi ce but. - Sitôt? Êtes-vous sage ?
Repartit l'animal léger :
Ma commère, il vous faut purger
Avec quatre grains d'éllebore.)
- Sage ou non, je parie encore."
Ainsi fut fait; et de tous deux
On mit près du but les enjeux :
Savoir quoi, ce n'est pas l'affaire,
Ni de quel juge l'on convint.
Notre lièvre n'avait que quatre pas à faire,
J'entends de ceux qu'il fait lorsque, prêt d'être atteint,
Il s'éloigne des chiens, les renvoie aux calendes,
Et leur fait arpenter les landes.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
Pour dormir et pour écouter
D'où vient le vent, il laisse la tortue
Aller son train de sénateur.
Elle part, elle s'évertue,
Elle se hâte avec lenteur.
Lui cependant méprise une telle victoire,
Tient la gageure à peu de gloire,
Croit qu'il y a de son honneur
De partir tard. Il broute, il se repose,
Il s'amuse à toute autre chose
Qu'à la gageure. A la fin, quand il vit
Que l'autre touchait presque au bout de la carrière,
Il partit comme un trait; mais les élans qu'il fit
Furent vains : la tortue arriva la première.
"Eh bien! lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
De quoi vous sert votre vitesse ?
Moi l'emporter! et que serait-ce
Si vous portiez une maison ?"
Le Matheux et le Fumiste
Rien ne sert de comprendre, il faut juste faire semblant:
Les cours de maths de Mr.G en sont le témoignage
"Gageons, dit celui-ci, que vous n'aurez pas votre Baccalauréat
Plus noblement que moi. -Ah oui ? etes-vous visionnaire ?
Repartit l'étudiant léger à ses occupations de jeunes gens
Mon vieux, vous perdez la tête, faut vous soigner
A grands coups de Morphine
-Sage ou non, je tiens le parie."
L'histoire est écrite et sur la tête de tous deux
On lança les paris (à 10 contre 1, il y'avait beaucoup d'argent à se faire):
En quel honneur on s'en fiche,
La copie sera seule juge.
Notre lycéen n'avait que quelques chapitres miséreux et bien creux à revoir
J'entends de ceux dont il avait pris le note, pas le blabla restant
Il ferme son cahier-papier dessin, le renvoie aux oubliettes du bureau autrefois visible, aujourd'hui enfoui sous... Je ne sais pas
Et retourne battre la campagne.
Ayant, dis-je du temps à rester glander,
Pour dormir et écouter
Les rolling Stones, il laisse l'enseignant de l'éducation nationale de la République Française
Corriger ses copies dérrière son triste secrétaire.
Il trame, il sue
Il se hâte avec dépit.
Lui cependant prête peu d'interêt à ce défi,
Tient le professeur à peu de gloire,
Pense qu'il a tout son temps
Pour bachoter. Il fume, boit, joue avec le soleil,
Il s'amuse à toute autre chose
Que son précepteur. A la fin, quand il compris
Que l'autre avait une avance considérable sur lui,
Il s'enferma dans ses cahiers, ne ferma plus l'oeil, dopé au café, mais tout ses efforts de dérrière minute
Furent vains: Le prof brandit son 20/20
"Eh bien, j'avais pas raison ?
A quoi te sert ton foutu cerveau encore neuf ?
Je l'emporte! Et qu'est-ce que ce serait
Si tu avais de l'Arthrose ?"
*: Ceci n'est que fiction, est rien d'autre.
