Italie 2013 - Instantanés 11
18 avril 2013
Florence
L'Arno
Tebaldeo. Je ne respecte point mon pinceau, mais je respecte mon art. Je ne puis faire le portrait d’une courtisane.
Lorenzo. Ton Dieu s’est bien donné la peine de la faire ; tu peux bien te donner celle de la peindre. Veux-tu me faire une vue de Florence ?
Tebaldeo. Oui, monseigneur.
Lorenzo. Comment t’y prendrais-tu ?
Tebaldeo. Je me placerais à l’orient, sur la rive gauche de l’Arno. C’est de cet endroit
que la perspective est la plus large et la plus agréable.
Lorenzo. Tu peindrais Florence, les places, les maisons et les rues ?
Tebaldeo. Oui, monseigneur.
Lorenzo. Pourquoi donc ne peux-tu peindre une courtisane, si tu peux peindre un mauvais
lieu ?
Tebaldeo. On ne m’a point encore appris à parler ainsi de ma mère.
Lorenzo. Qu’appelles-tu ta mère ?
Tebaldeo. Florence, seigneur.
Lorenzo. Alors tu n’es qu’un bâtard, car ta mère n’est qu’une catin.




