Evénement - Une photo encore inconnue de Rimbaud adulte !
ARTHUR RIMBAUD REVIENT, EN PHOTO
(extraits d'un article du Monde du 16-04-10)
"Rimbaud adulte a un visage... Ce n'est ni le jeune poète de 17 ans immortalisé par la photo de Carjat, ni le bagnard fantomatique amaigri, à l'image très floue d'avant sa mort", commente Jean-Jacques Lefrère, spécialiste de Rimbaud, qui a aidé les deux libraires Jacques Desse et Alban Caussé a authentifier le cliché à l'issue d'un travail minutieux de deux années. "Il apparaît avec une intensité presque gênante. C'est le vrai Rimbaud, le personnage dans sa vérité d'homme terrestre, qui fuit l'objectif et tel que personne ne l'a connu, pas même Verlaine", ajoute M. Lefrère auteur de Sur Arthur Rimbaud, correspondance posthume 1891-1900, aux éditions Fayard,
(...)
La photo, qui n'est pas précisément datée, remonte au "début des années 1880". Elle montre l'auteur du Bateau ivre et des Illuminations, assis au milieu d'un groupe de sept personnes sur la terrasse de l'hôtel Univers à Aden, au Yémen. Elle faisait partie d'un lot d'une trentaine d'autres, prises aussi à Aden, et découvertes lors d'une brocante il y a deux ans par les deux libraires, deux jeunes quadragénaires passionnés "d'histoires de livre" et dont la librairie se trouve dans le 18e arrondissement de Paris . "On voyait ce type à l'œil clair, qui a l'air d'un extraterrestre au milieu des autres, un peu comme s'il était là et en même temps ailleurs. C'était bouleversant", raconte Jacques Desse.
(...)
"Comme dans Coin de table de Fantin-Latour, où il figure à côté de Verlaine, Rimbaud apparaît ici parmi des « assis » d’Aden. Contrastant avec les trois
autoportraits du solitaire de Harar, qui s’est mis lui-même en scène, debout et dans une attitude digne et fière, les deux portraits d’Aden le montrent en société, mal à l’aise, infiniment plus
seul que quand il est solitaire. Sur l’image du perron de l’Hôtel de l’Univers, il est assis mais semble sur le point de se lever. Tout son être paraît protester contre son intégration à ce
rituel bourgeois de la séance du portrait de groupe, auquel, pourtant, il n’échappe pas. Il ne considère que le spectateur, comme en une muette interpellation, qui n’attend pas de réponse. Il
nous regarde, il n’a rien à nous dire." Jacques Desse (Source)
A découvrir :
