Dilatation - Isabelle Damotte
La forêt nous ouvre son manteau apaisant
Nous y enfouissons nos petits bras nus
Les chemins sombres repoussent
des deux mains froides
le monde dans lequel nous tombons
Nous y entrons
Frères et sœurs nous accomplissons
la haine commune d'être enfermés
Nous détruisons les murs séparateurs
de cabanes ennemies
Sous les fusils de lumières pâles
Nous faisons des réserves
de pommes de pin
A genoux dans la forêt
Nous dénudons, comme nos bras,
Les racines des arbres naissants.