Deux poèmes égales mais différentes
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait éclose
Sa robe de pourpre au Soleil
oint perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.
Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautés laissé choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vôtre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vôtre jeunesse
:
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vôtre beauté.
Mignonne, allons voir si l’étoile
Qui ce nuit a éclose
Sa robe blanche à la lumière de la Lune
A point perdu ce vesprée
Les plis de
sa robe blanche,
Et son teint au vôtre
pareil.
Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautés laissé choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puis qu'une telle étoile dure
Que du soir jusques au matin !
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vôtre âge resplendit
En sa candeur la plus pure,
Aimez, aimezvôtre
jeunesse :
Comme à cette étoile la vieillesse
Fera ternir vôtre brillance.