Centon - Jean Pierre Siméon
attention je vais commencer à parler
comme un nuage de moucherons
dans mes gestes ça pue
le lieu le nom les moyens et les raisons de la guerre
qui passe sur le monde et emporte tout
mon amour je boirai à l'eau de tes yeux
comme on doit compter les battements du coeur
le viol la faim la pauvreté la lacheté
faisait que j'existais faisait que j'étais la
pour aimer il faut accepter de perdre
un grand souffle de rires et de pas
de terreurs qui raclent ma gorge
qui se jettent sur tout ce qui bouge
pour qu'on nous oublie que tout enfin
ce qu'il faut c'est la première chose
il tournait son visage vers moi puis
comme on garde pour rien sur soi
et c'est chose si légère un caillou