Sylvie Germain : Magnus - Personnage
Mon personnage préféré est le moinillon de la fin du livre,
celui qui va apporter la paix au personnage principal.
« Frère Jean »,
« vieille femme »,
« homme enchanté »,
« vieux fouineur »,
« encombrant dévot de la Vierge »,
« moine clownesque »,
« vieux gamin en fuite perpétuelle »,
« Blaise Mauperthuis », comme vous voulez.
J’adore l’apparence et le caractère du personnage,
que Magnus d’ailleurs prendra d’abord pour une vieille dame,
mais qui est en fait un vieux monsieur,
et finalement, un paradoxe sur pattes : confère l’oxymore
« très vieux nourrisson ».
Vieux bonhomme enjoué, petit et menu, « loufoque et loquace », au « visage fripé et certainement édenté », s’occupant de « ruches à l’ancienne » plantées au milieu d’une clairière où sifflent et chantent les arbres, au chapeau de paille d‘où sortent en manèges et ritournelles bourdonnants des abeilles apprivoisées, robe élimée « de bure terreuse », d’une démarche « leste » malgré son grand âge, aussi alerte qu’un enfant et qui « s’en va en trottinant, un grésil doré tournoyant autour de son chapeau ».
Et qui a inventé "NOTRE DAME DU VIDE".
« Un farfadet qui court les bois en jouant avec les abeilles,
et qui folâtre avec des mots enluminés
comme les pages d’un antique missel ».
