Appréciation - Allain Leprest
La dame
du dixième
lien
La dame du dessus est morte
Il y a des scellés sur sa porte
On entendra plus pleuvoir
Son arrosoir
Sur le balcon
La vie c’est con
La dame du dessus bonjour
Trois petits riens trois petits tours
On descend ses pots de fleurs
Par l’ascenseur
Et sa pendule
La vie c’est nul
La dame du dessus c’est bonsoir
Ça braille ça rit dans les squares
Sa boîte à lettres s’emplit
Tant mieux tant pis
C’est des factures
La vie est dure
La dame du dessus c’est cuit
Les enfants sont passés lundi
En vitesse en habit noir
Vider l’armoire
Prendre le chien
La vie c’est rien
Les jours se suivent c’est terrible
Y’a un bel appartement de libre
Là-haut au dixième étage
Un pigeon nage
Dans l’eau du ciel
La vie est belle
J’aime ce poème car il parle vraiment du quotidien, de ces personnes autour que l’on ne connaît pas mais que l‘on apprécie. La « dame du dixième » me rappelle aussi beaucoup de voisin de l’immeuble où j’habite, comme celle du d’ssus envolée dans une maison de retraite. La dernière strophe montre aussi combien tout va vite dans la vie, les années passent et les gens défilent, mais que malgré tout, cette même vie peut être belle.