Association - Gérard Le Gouic
Ses parcours obsolètes,
Ses bagages allégés,
Ne rien détenir que les adresses
Approximatives des auberges du vent,
Des motels de la pluie,
Ne subir d’autre destin
Que le halage des fleurs,
Transmettre les atolls aléatoires
Des amitiés apatrides,
Des amours au sein des cités grotesques.
De part son thème du voyage, de la nécessité de partir, de bouger sans cesse, de ne
s’accrocher à rien et d’être son propre maître, j’associerais à ce poème un autre de
Georges Chènevière, (Poèmes 1911-1918) :
Étranger, ne te rendors pas,
Ce n’est pas encor le retour.
Ne t’attache pas à ces choses,
Ne demeure pas devant elles.
Ne laisse pas les souvenirs
Monter en eau à tes paupières.
Cette fleur, ne la cueille point,
Ne prolonge pas ce baiser,
Ne garde rien entre tes mains.
Ne fais rien qui puisse durer.
Ton cœur se viderait d’un coup.
Vite, vite, il faut repartir.
[...]